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NOTRE BIBLIOTHÈQUE DANS LE DÉSORDRE DES YEUX ET DU CŒUR
Parce qu’un livre n’a pas d’âge et ne se démode jamais.
Nos impressions * MOYEN ** BIEN *** EXCELLENT **** SUPER
**** Requiem pour un cri PRYA de Marie Capron
360 pages. Prix : 21,90€. (Editions Viviane Hamy).
Le résumé. Quel lien y a-t-il entre l’application Rage Time prônant la cri thérapie comme arme de révolte politique, le parti contestataire R.A.G.E., DJ Munch – dont les concerts provoquent l’hystérie – et l’histoire terrible des enfants autochtones du Canada, arrachés à leur famille et livrés à de sordides pensionnats religieux pendant des décennies ? Des services secrets aux monstres louvoyant sur le Darknet, de la géopolitique actuelle aux sombres heures de l’histoire, voici un « Pulp polar » efficace et impitoyable. Dans Requiem pour un cri, Marie Capron, avec sa commissaire réunionnaise Priya Dharmesh, fait résonner la détonation d’un gros calibre aux échos chargés d’un humour grinçant. Tympans sensibles s’abstenir.
« Dans ce livre, vous avez deux sujets sensibles. Le premier avec les enfants autochtones du Canada enlevés à leurs familles pour les « civiliser » ainsi qu’on le fit en France sous Michel Debré avec les enfants réunionnais pour repeupler la Creuse. Et le second, à savoir l’art de la manipulation sonore avec un prêtre sadique et une communauté baptisée « Les Apôtres de l’amour infini ». Et avec tout cela vous allez lire un livre passionnant, fascinant, mais qui met très mal à l’aise à de nombreuses reprises. »
*** L’Étendard sanglant est levé de Benjamin Dierstein
(Flammarion) sorti le 24/09/2025. 912 pages. Prix : 24, 50€.
Le résumé. Janvier 1980. Alors que la France s’enfonce dans la crise économique, les services de police sont déterminés à mettre un visage sur ceux qui importent le terrorisme révolutionnaire dans le pays. Infiltré auprès dAction directe, le brigadier Gourvennec approche un marchand darmes formé par les services libyens qui affole Beauvau et répond au surnom de Geronimo. Jacquie Lienard, son officier traitant aux RG, tout comme Marco Paolini, un jeune flic tourmenté de la BRI, sont prêts à tout pour localiser et identifier le trafiquant. Les deux inspecteurs concurrents vont rapidement faire face à Robert Vauthier, un mercenaire reconverti en proxénète qui enflamme les nuits de la jet-set parisienne et s`apprête à prendre le chemin du Tchad pour traquer Geronimo. La campagne présidentielle et le retour de Carlos sur le devant de la scène vont plonger ces quatre personnages dans un déchaînement de coups bas, de corruption et de violence dont personne ne sortira indemne.
« Le dessous des cartes des années 80 » tel est l’objet de ce « gros pavé » qui ressemble à ceux que balançaient les manifestants de la rue Gay-Lussac en mai 68 contre les CRS. En effet, 912 pages, tout le monde ne les lit pas à la même vitesse, car si le style - et la forme surtout - est varié, je me suis régalé des passages fastidieux mais drôles que sont les écoutes téléphoniques officielles entre François Mitterrand, Charles Pasqua, Alain Delon, Jacques Chirac, Tany Zampa qui s’inquiète de la défense de l’OM, François Prouteau, Giscard d’Estaing, les frères Zeimour...
C’est que nous avons affaire à un de ces livres qui impressionnent en regard de la somme de travail réalisée par ce Breton pur breizh. Et ce Tome 2 de la saga Bleu, Blanc, rouge nous entraine dans cette révolution de 1981 quand la gauche arrive au pouvoir avec dans ses bagages la création d’une cellule anti-terroriste et une police qui veut vider son SAC (Service d’action civique).
Benjamin Dierstein passe ainsi en revue les années Mitterrand en dissertant cette phrase du Cdt Prouteau chef du GIGN « Les flics sont des civils ; pas les gendarmes qui sont des militaires ! » Et le grand déballage commence alors, entre ceux qui voyaient déjà les chars de l’Armée rouge sur les Champs-Elysées avec l’arrivée des ministres communistes au gouvernement. Et ceux qui tremblaient pour que la France-Afrique pourvoyeuse de fonds et de valises de billets pour les partis politiques de Droite, ne s’effondre pas. Le « bon vieux temps des colonies » chanté par Sardou, est extrêmement bien renseigné du Tchad au Togo en passant par la Centre-Afrique, et il est très documenté comme un grimoire écrit au fil du temps.
Les Corses, les casinos, les cercles de jeu, les putes de luxe ou à la tâche dans des arrondissements moins glorieux, les night-clubs branchés où la Gauche avait ses quartiers de nuit, la drogue et la cocaïne bradée, mais aussi les attentats commis en représailles sur le sol français pour promesses non tenues, la libération des derniers prisonniers politiques d’Action directe (Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon... ) l’assassinat du juge Michel à Marseille…et l’infâme Tuerie d’Auriol qui sonne le glas. Le SAC est mort, mais il bande encore. De moins en moins cependant… »
Sorti le 8 avril 2026.
**** Émile, Les zones grises de l’enquête de Valentin Doyen
308 pages. Prix : 19,90€. Editions Fayard.
Le résumé. Valentin Doyen journaliste à BMF d’Ici Alpes du sud et natif de la région de Sisteron, a suivi la disparition du petit Émile Soleil (2 ans) au Haut-Vernet, dès le 8 juillet 2023, jour de sa dernière trace dans le petit hameau, soit au tout début de l’enquête. Et quelques heures plus tard, s’invitait sur nos écrans et dans nos vies, ce visage d’ange du petit Émile, sourire radieux et pissenlit en fleur dans les cheveux. C’était la photo remise par le père du petit garçon à Valentin Doyen. De ce jour, le « petit Émile » ne l’a jamais quitté. Il en a fait une affaire personnelle, nouant des liens privilégiés avec les membres de la famille comme avec les enquêteurs. Son témoignage nous plonge aux premières loges d’un drame qui hante la mémoire de toute la France, alors qu’une randonneuse du village a retrouvé son crâne le 30 mars 2024… à 1,5 km du hameau ! Et que l’enquête se poursuit actuellement avec toute une population soumise à des tests ADN depuis le 3 mars 2026…
« Le jeune Mathieu Haulbert (10 ans) le 25 juin 1983 près de Castellane ; le petit Yannis (3 ans) à Ganagobie le 2 mai 1989… les enfants disparus, comme volatilisés soudainement dans les Alpes-de-Haute-Provence hantent toujours nos mémoires et celles des journalistes de la région qui ont connu cette période. Car les images des chaines d’infos en continu pendant des mois, cela fait aussi partie d’une stratégie policière volontaire indirecte. En effet, si 120 enquêteurs étaient sur le terrain au Vernet, 60 millions d’autres faisaient l’enquête en France, et au Vernet également, on regardait la télé. Et notamment le 7 novembre avec des perquisitions hors-normes dans 36 lieux différents sur tout l’hexagone. Ce n’était plus un clan, mais tout le village qui était suspect.
En décidant d’écrire un livre – après avoir averti, prévenu et rencontré la famille proche du petit Emile - Valentin Doyen a refait l’histoire sans les images de télé cette fois, et le récit retrouve là toute sa sève pour aller à l’essentiel du journalisme : « Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres ». Cette devise du quotidien marseillais « Le Méridional » avant sa fusion avec « Le Provençal » pour devenir « La Provence » évoque parfaitement la panoplie complète de récit qui s’offre à tout journaliste professionnel confronté à un fait-divers. Informer d’abord, expliquer ensuite en donnant la parole à celles et ceux qui la délivrent et l’incarnent : le Procureur de la République, le commandant de la Gendarmerie nationale, puis les spécialistes (pompiers, médecins, plongeurs…) lorsque des informations techniques doivent être diffusées.
Et ce long travail nécessaire doit être rigoureux. Mais il y a aussi la manière de faire, propre à chacun, réfléchie d’abord et respectueuse obligatoirement face à la mort d’un enfant. Mais les Affaires Dominici ou du Petit Grégory n’ont pas été synonymes de droiture et de respect pour la Presse de l’époque avec des manières odieuses du style Détective et autres publications à sensations. Valentin Doyen avance lui, ligne après ligne comme dans un très long journal écrit au jour le jour - et même la nuit - mais avec dignité et humanité en pensant à son fils ayant le même âge qu’Emile, avec qui il aurait pu jouer un jour, étant de la même région.
Avec ses pieds dans les caillasses du Vernet, dans un corps de ferme boueux ou dans le bureau du Procureur, Valentin Doyen a mis le « p’tit truc en plus » que le rapport de confiance d’un média local (BFMTV d’ici Alpes) avec la population et les autorités autorise, via des parcours de vie parfois communs, sans copinage pour autant.
Un journalisme de terrain se fait aussi avec le cœur et la raison, sans pathos, mais avec humanité, rédigé pour démontrer que cette profession est - et doit rester - universelle ! Un livre intéressant et passionnant, malgré la tristesse infinie face ce blondinet rayonnant, pissenlit ensoleillé à l’oreille ; mais maintenant, on attend que la vérité surgisse ! Que la cellule « Cold case » imaginée par Jacques Dallest procureur général honoraire, trouve enfin la vérité car il y en a forcément une. »
Valentin Doyen sera présent le samedi 29 août à 18 h pour la Rencontre littéraire du 22e festival Blues & Polar à Manosque dont le fil rouge est « Polar : fiction ou réalité ? »
**** Traqué de Franck Leduc
Sorti le 19 mars 2026. (Belfond noir). 432 pages. Prix : 21,50€.
Le résumé. Voilà dix ans que Simon Kepel purge une peine à perpétuité pour le meurtre de l’actrice Héléna Attias. Dix ans que Simon ne fait pas de vagues, cumule les bons points en prison, jusqu’à ce matin de décembre qui lui offre une miraculeuse possibilité de fuite. Talia Sorel, négociatrice et commandante du RAID, connaît la statistique : 100 % des détenus qui s’évadent sont arrêtés. Kepel est seul, sans réseau ni ressources ; le rattraper est une question d’heures. Mais les jours passent... Malmenée par certains membres de son équipe, Talia va devoir se fier à son instinct. Qui est véritablement l’ennemi qu’elle traque ? Quel est son profil psychologique ? Qu’est-ce qui le motive dans cette course qui paraît suicidaire ? Car Kepel a un but, et le comprendre est la clé de l’énigme...
« Comme il est écrit sur le bandeau de ce roman c’est un vrai « page-turner » qui nous fait vivre l’évasion de cet instituteur condamné pour meurtre. Mais la négociatrice du RAID se pose de plus en plus de questions sur sa réelle responsabilité. Et sur sa culpabilité ! Et là, on tourne les pages avidement pour connaitre la vérité. C’est un très bon polar… et jusqu’à la dernière page. »
EN AVANT-PREMIÈRE Sorti le 9 avril 2026
**** Le Mystère Vesaccio de Mickël Guittard
Edition Les Livres promenade. Prix ; 19, 50€. 350 pages.
Le résumé. 1911... À la demande du bibliophile Matthew Torpedovitc , Hector Valand, le libraire aventurier, part à la recherche de La Chasse spirituelle, le mythique manuscrit perdu d’Arthur Rimbaud. L’affaire, complexe, va le mener à Vérone, Florence ou au musée du Louvre, où il devra percer d’autres mystères, avant de commencer à remonter la piste du texte oublié. Mais bientôt la guerre s’annonce. Le mystère Vesaccio, thriller où se rencontrent aventure et littérature, est le deuxième tome, après Nuit noire, de la quadrilogie des aventures d’Hector Valand.
« Dans ce livre on passe des années 1900-1914 au XIVe siècle avec le meurtre de Isabelle Vesaccio et les recherches que fait un libraire pour retrouver et identifier le meurtrier. L’enquête nous fait alors découvrir l’Italie au siècle de l’opulence mais aussi Léonard de Vinci et son mystère ainsi que le Paris d’avant-guerre. C’est un livre très plaisant à lire et qu’on ne lâche plus très rapidement jusqu’à la dernière page. »
**** L’Oiseau bleu de Sylvie Callet
(Editions du Caïman) Sorti le 19 mars 2026. 220 pages. Format poche. Prix : 15€. Le résumé.
Arrachée à son enfance par la guerre, Makiadi a appris à survivre dans l’ombre. Jusqu’au jour où elle rencontre Divine, une fillette à la voix d’ange, capable de faire vibrer l’air et jaillir la lumière. De l’Afrique à l’Europe, les pas de ces deux héroïnes résonnent comme une traversée initiatique : entre ténèbres et clarté, vengeance et espérance, mémoire et chant. Roman noir traversé de poésie, L’oiseau bleu dit l’exil et la sororité. Il célèbre la puissance de la voix et la force des liens invisibles contre l’oubli.
« La quête de l’ailleurs, l’exil qui affleure… Combien sont-ils, combien sont-elles baptisées depuis la naissance du sceau de la tristesse qui abreuve le fleuve Congo et son peuple. Congo des maléfices et des malédictions, Congo des croyances et des superstitions, des viols et de la corruption, Congo de la violence tribale exacerbée, Congo Belge, Congo Brazzaville, Zaïre ou République démocratique, Congo du malheur à n’en plus savoir par où ces guerres multiples fratricides ont commencé… Tuer ou être tué ? Le choix est limité ! Au bal des enfants-soldats, ce sont les filles qui ouvrent la marche ; sacrifiées d’abord plutôt que les garçons. Le courage a ses limites que les comprimés de Captagon effacent. Il faut fuir pour survivre et Sylvie Callet nous raconte avec force de descriptions enchantées, cet univers empreint de couleurs, de saveurs et de senteurs, comme un conte de fées, de feu de flammes, de « fer et de sang, comme une floraison de mots arc-en-ciel avec des passages en noir et blanc. « L’Oiseau bleu » est un livre qui navigue entre tendresse et violence, si communes à l’exil, au déplacement des peuples et aux querelles éternelles inhérentes aux régimes tribaux d’un autre temps, mais toujours en place, aux croyances surannées et aux superstitions dépassées ; toujours bien présentes cependant sur le continent africain. Avec des femmes réduites à piler le manioc, chercher l’eau à la source, ou faire des enfants. Qu’un Caïman stéphanois éditeur ait permis à l’oiseau de chanter haut et fort en magnifiant toutes ses plumes, c’est le miracle de la parole des griots portée par Sylvie Callet. Pour vaincre l’oubli, tout simplement ! »
**** Waterjail de Gérard Saryan
(M + éditions). 300 pages. Sorti le 30 janvier 2026. Prix : 19,90€.
Le résumé
New York. Face à une montée de la violence, les autorités américaines expérimentent une prison de haute-sécurité administrée par l’armée, située à 30 mètres sous le niveau de la mer. Médecin en chef de cette unité d’exception, Bradley Cayne observe des comportements inhabituels chez certains détenus. Il découvre la présence d’une bactérie mortelle sur la base sous-marine. Malgré le risque d’épidémie, le Pentagone refuse d’évacuer les occupants, les condamnant à une mort certaine. Bradley est confronté à un choix difficile : se soumettre ou désobéir. Il est certain d’une chose : l’enfer vient de
s’ouvrir sous ses pieds. Gérard Saryan romancier lyonnais est déjà venu à Blues & Polar en 2021 pour Prison bank water ( **** pour Blues & Polar) paru aux éditions du Panthéon et qui était la version très longue et passionnante de ce nouveau livre remanié. Waterjail est son premier roman chez M+ Editions.
« Comme je l’avais écrit lors de son premier roman « Prison Bank water » je suis troublée et fascinée par l’idée de construire des prisons au fond des mers à cause du manque de place sur terre. Où est la fiction et où sera la réalité, un jour ? Quant à utiliser ces prisonniers pour des expériences pharmaceutiques j’espère que l’on restera dans la fiction… Véritablement, un livre que l’on doit mettre en haut d’une pile d’ouvrages à lire ! »
**** 34 rue Neuve Le bureau de tabac de ma grand-mère de William Irigoyen
Sorti le 21 janvier 2026. (Fayard) 267 pages. Prix : 22,50€.
Le résumé En 2014, William Irigoyen découvre par hasard quelques lignes de sa grand-mère et entame une enquête familiale qui nous plonge dans les méandres d’un lieu totalement méconnu de la « capitale de la Résistance », où se croisent victimes, bourreaux et collaborateurs. Pourquoi garder le silence quand on est du « bon côté » de l’histoire ? Au 34 rue Neuve à Lyon, pendant la Seconde Guerre mondiale, Mireille Poulet, juive et identifiée par le régime de Vichy, tient un bureau de tabac. Elle n’est pas qu’une simple commerçante : elle a un rôle clé dans un réseau de résistants lié à l’OSS, l’ancêtre de la CIA, défiant ainsi l’occupation allemande. Durant plus d’un an, elle parvient à échapper à la vigilance d’un agent de l’Abwehr, le contre-espionnage nazi qui traque les « terroristes ». Un récit captivant qui mêle courage, secrets et résilience.
Journaliste depuis 1994, William Irigoyen présente en alternance Arte Reportage et Thema sur la chaîne franco-allemande. Il a également travaillé pour la radio et la presse écrite française, suisse et libanaise, et il anime des rencontres littéraires, historiques et de politique étrangère.
« Au 34 Rue Neuve à Lyon pendant la Seconde guerre mondiale, Mme Mireille Poulet, juive née en Algérie française - identifiée comme telle par le Régime de Vichy - redevient en octobre 1940 Camara Nakache « française de seconde zone » en raison de l’abrogation de la Loi Crémieux ; l’obligeant ainsi en 1942 à une officielle « séparation de biens » d’avec son monsieur Poulet de mari. Mais bonne étoile (jaune ou pas ?) Mireille bien que « hors-la-loi » vis-à-vis de l’administration tiendra son Tabac-Presse ouvert toute durant toute la guerre, alors que dans son immeuble, juste au-dessus d’elle, se trouve Heinz Eckert le chef du contre-espionnage nazi qui traque les terroristes. Et qu’elle croise parfois…
Cette grand-mère paternelle, c’est celle de William Irigoyen Journaliste à Arte où il a présenté le Journal en 2004, et aujourd’hui les soirées Thema sur la singulière chaine franco-allemande née sous le signe de la réconciliation.
Cette grand-mère bienveillante qui l’a pourtant repris de manière cinglante en 1982, dans sa cuisine, lui balançant : Moi vivante, tu ne parleras pas un mot de cette langue sous mon toit ! alors qu’il venait de lui annoncer son choix de l’allemand comme 2e langue au collège. Une phrase gravée à jamais pour le futur journaliste d’Arte…
Il aura fallu que quarante années s’écoulent pour que William se décide à percer le mystère de papy-mamy qui appartenaient tous deux – sans que personne ne le sache – à des réseaux de premier plan dans la Résistance au nez et à la barbe des nazis installés à Lyon. Là où « les boches » disaient-elles venaient acheter leurs paquets de cigarettes… Car personne n’a jamais évoqué ce passé – pourtant du bon côté – dans l’entourage familial !
C’est donc un livre d’investigation, presque de perquisition, que William Irigoyen écrit-là en nous entrainant dans une enquête quasi-policière à laquelle bien des « baby-boomers » peuvent s’identifier car le silence était de rigueur. (Ainsi mon propre père mort en 1999, fait prisonnier à 20 ans dans les Ardennes, a passé cinq ans dans un stalag en Allemagne et ne m’a jamais rien dit). Sur les graines de la curiosité qu’il a semées, William cherche son propre Graal : Qui suis-je ?
34 Rue Neuve Le bureau de tabac de ma grand-mère est un livre passionnant sur les non-dits familiaux que sont les cimetières d’occasions manquées. « Mais alors, vous êtes juif ? » comme dit Louis de Funès dans Rabbi Jacob à son chauffeur… William Irigoyen répond à cette question fréquente en utilisant actes officiels et papiers à l’appui, mais aussi la langue allemande qu’il a apprise pour aller aux sources du mal écrit-t-il et comprendre mieux les mécanismes de l’éclosion du nazisme et comment il s’est incarné.
« Je le suis sans en avoir conscience. Ma grand-mère laïque s’est mariée à l’église avec un homme qui le jour même s’est converti au judaïsme. Et elle est enterrée à ses côtés dans un cimetière catholique. C’est à y perdre son latin ou son hébreu. Le seul vecteur de ce dépassement identitaire est visiblement l’amour. Sans oublier qu’en 1870, la République avait fait des parents de ma grand-mère Mireille et des autres israélites indigènes d’Algérie... des citoyens français de plein droit ! »
« Quelle belle histoire que le récit de ce petit-fils qui commence par l’altercation avec sa grand-mère quant au choix de sa 2e langue au collège... et qui sera l’allemand ! Au désespoir vibrant et énergique de la grand-mère habituellement bienveillante. Et là, au fil des pages on suit la recherche de l’auteur pour découvrir le passés de ses grands-parents qui s’avéreront être des résistants sous couvert du Bureau de tabac de Mireille. Par-delà cette histoire il y a le manque de transmission de l’Histoire aux proches de la famille et où après la Guerre on tourne définitivement la page, avec un pan d’histoire qui reste caché. Mais toute cette histoire amènera l’auteur à embrasser le métier de journaliste au point d’être embauché de part sa pratique de la langue allemande... par Arte la chaine européenne née de la réconciliation franco-allemande. Et où il officie toujours. Vraiment un très beau roman ! »
Sorti le 26 mars 2026.
*** L’Inconnue de Whitechapel Catherine Delors
(éditions Héloïse d’Ormesson) 256 pages. Prix : 20€. Polar historique. Le résumé. 1888. Une série de meurtres ensanglante Whitechapel et bouleverse l’Angleterre. Polar historique, L’Inconnue de Whitechapel nous plonge dans les bas-fonds de Londres et revisite la légende de Jack L’Éventreur. De l’antisémitisme ordinaire à la traite des femmes, ce roman entre Dickens et Dumas explore de manière pénétrante et inédite les coulisses de cette trouble enquête. Mary Jane Kelly se cache à Whitechapel, pour échapper à un passé sulfureux. Son allure détonne dans ce quartier populaire, situé à l’est de Londres. Des tensions sociales accrues secouent le quartier depuis l’afflux d’immigrants juifs fuyants les pogroms d’Europe centrale. Les loyers flambent, le chômage s’aggrave. L’amant de Mary Jane perd son travail et sous la pression de leur propriétaire, elle doit se résoudre à se prostituer de manière à payer son loyer.
Une série de crimes, comparés à des meurtres rituels, défrayent la chronique à l’été 1888, tandis que la police ne fait pas mystère de ses soupçons envers les réfugiés. Le surnom de « Jack l’éventreur » se répand et de violentes émeutes antisémites éclatent alors. La communauté juive elle-même se déchire, entre révolutionnaires, qui se rassemblent au club des travailleurs internationaux, et ultra religieux, parmi lesquels Aaron Kosminski, un jeune chômeur originaire de Pologne. Après la découverte de deux nouvelles femmes égorgées, l’une dans la cour du club socialiste, l’autre derrière la grande synagogue, Scotland Yard tâtonne et privilégie la piste d’un suspect juif, sans véritable preuve.
En redoutable détective Catherine Delors mène l’enquête dans ce monde parallèle des truands, des dockers, des prostituées, des pickpockets, des prolétaires et reconstitue, comme autant de pièces à conviction, cette ténébreuse affaire du premier serial killer des temps modernes.
« Le fil conducteur de ce livre est l’assassinat de prostituées, mais derrière cette enquête où l’on cherche un coupable, il y a la vie quotidienne des juifs venus de Russie après l’assassinat du Tsar. Et toute cette population « sans terre » fait l’objet de pogroms, où qu’ils se trouvent. On voit ainsi grâce à Catherine Delors la manière de vivre des pauvres gens dans cette Angleterre du siècle dernier. C’est un livre distrayant instructif et très agréable à lire. Un excellent polar historique. »
*** L’Ogre de Red Creek de Christophe Penalan
(Viviane Hamy éditions). Sortie le 4 mars 2026. 416 pages. Prix : 22,90€.
Le résumé
Dyorke, Virginie-Occidentale, 5 octobre 2008. Le cadavre d’un lycéen, Sean LaPierre, est retrouvé dans les eaux de Red Creek. Le shérif Darren Campbell et son adjoint Matt Crutchlow s’emparent de l’affaire, et c’est ainsi qu’Andrew Phillips, ancien camarade de classe de Sean, est appelé à témoigner. Adolescent introverti et passionné de cinéma, Andrew est incompris de sa famille, qui lui préfère son frère, Christopher, arrogant et forte tête. Quand le jeune Paul Ballantine disparaît à son tour, l’hypothèse d’un tueur en série se confirme. Et Andrew y voit enfin l’occasion de devenir populaire. Armé de sa caméra GoPro, il convainc d’autres lycéens de se joindre à la traque du monstre. Quitte à s’aventurer trop près des terres de celui que l’on surnomme l’ogre de Red Creek... Hommage vibrant aux films de found footage où le suspense le dispute à l’effroi, L’Ogre de Red Creek est un thriller implacable et glaçant, au dénouement aussi inattendu qu’inédit.
« C’est un véritable livre où le suspense se mêle à l’horreur quand on suit le parcours de ce lycéen passionné par le cinéma et qui filme sa propre vie avec sa caméra. La fin est brutale, surprenante, stupéfiante ! »
*** Il a été juge : une pluie de souvenirs de Claude Hanoteau
(Editions Fannyo). 193 pages. Prix : 20€. 
« Il a été très apprécié à Manosque où il a terminé sa carrière volontairement comme « Juge de proximité » à la grande surprise de bien des personnes de la magistrature française. Car l’homme qui a su faire preuve d’une pédagogie formidable étonnante dans une petite salle du palais de justice manosquin pour débattre sur un arbre qui fait de l’ombre à son voisin ou une dame dont le lave-linge est en conflit avec un hypermarché…. a quand même été directeur de l’Ecole nationale de la Magistrature à Bordeaux de 1998 à 2003 et a exercé les fonctions de juge auprès du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye. Et il a notamment participé à l’affaire Momčilo Krajišnik présidée par le juge Fons Orie. Autant dire qu’avec des débuts comme juge d’instruction à Arras en 1965 avec la fameuse Affaire de Bruay-en-Artois comme premiers pas, l’homme a roulé sa bosse et jusque dans les DOM-TOM. A l’âge d’écrire son parcours, Claude Hanoteau que nous avions reçu à Blues & Polar avec l’avocat Gilbert Collard et le curé des loubards Guy Gilbert pour une passe d’armes mémorable, vient de publier un petit livre qui condense sa longue carrière au cours de laquelle il a croisé des voyous de haut-vol comme Mesrine, des généraux de l’ex-Yougoslavie criminels devant l’humanité et des tueurs et autres acteurs de règlements de compte… On y trouve aussi « pour respirer un peu » de délicates et belles aquarelles de son épouse Geneviève, faisant penser à Gauguin. Elles y apportent la marque du voyage qui a drainé ces époux de longue date aux quatre coins du monde francophone. Ils le poursuivent tous deux aujourd’hui sur les sentiers de Lure ou de Banon, ce long parcours en espérant y retrouver l’âme d’Elzéard Bouffier l’Homme qui plantait des arbres et celle de Jean Giono ».
En avant-première- Sorti le 25 février 2026.
**** 14 minutes 2 secondes de Anouk Shutterberg
(Editions Récamier noir).. Prix : 20,90€. 368 pages.
Le résumé. Top chrono ! Vous avez 14 minutes 2 secondes avant l’intervention de la police pour survivre et sauver vos enfants. Dans un petit village paisible de l’Aveyron, la famille Derain pensait avoir trouvé le havre de paix parfait après ses épreuves parisiennes. Une grande demeure, un jardin, une nouvelle vie... Mais un matin ordinaire vire au cauchemar : un homme armé les attaque au gros calibre. Le compte à rebours est lancé : 14 minutes et 2 secondes pour survivre. Entre un passé qui ressurgit, des secrets enfouis et leur peur brute, Ariane, Rodolphe et leurs enfants devront repousser leurs limites. Quelles sont les motivations de l’assaillant ? Qui a réellement le doigt sur la gâchette ? Avec Anouk Shutterberg, attendez-vous à ce que le danger rôde derrière chaque porte, et surtout préparez-vous à un twist final à double détente.
« Dès le départ, dès les premières feuilles qui nous baladent gentiment, entre deux tartines de pain-beurre-confiture, le décompte à rebours a commencé. Et comme toujours avec Anouk Shutterberg, les préliminaires sont de courte durée, et l’action arrive, soudaine, brutale, déconcertante, comme une armoire normande qui nous tombe sur la tête, sans prévenir, évidemment ! On se retrouve dans « Shining » avec Jack Nicholson aux trousses… pour 14 minutes et 2 secondes comme annonce le titre ou bien plus ? Mais on est très vite fixé. Ça va durer longtemps entre diabolisme, machiavélisme, terreur avec parfois des pauses pour mieux rebondir via un jab pleine face qui vous envoie au tapis. Et c’est là que l’addiction du « page-turner » commence, alternant des périodes de douleur extrême et des flash-backs empreints de joie, mais aussi de fiel alternant ainsi avec la réalité de la situation. Le vrai « plat-signature » d’Anouk Shutterberg passée maître dans l’art du suspense et de l’inattendu allant de rebondissements diaboliques en rebondissements machiavéliques comme dans « La Guerre des Rose » avec Michaël Douglas et Kathleen Turner en 1989. Bref, la « totale » à longueur de pages et on se refuse à abandonner la lecture pour aller se coucher. Eh oui face à la violence, à la paranoïa, au doute qui s’installe entre les couples, donnant mille raisons de monter d’un cran dans l’hystérie, c’est la rage de savoir qui nous dit « reste-là » ! Car quand des vies dévissent totalement on ne maîtrise plus rien... Anouk Shutterberg se joue de nous jusqu’à ce que Juliette Armanet entonne « Le dernier jour du disco » un des titres de la BO de ce livre coup de poing-massue et batte de base-ball. Une dette reste une dette. Surtout en Corse ! »
« La particularité des livres d’Anouk Shutterberg c’est que dès que l’on commence la lecture on ne lâche plus le livre et ce jusqu’à la fin, là où est l’explosion finale. Mais jamais on ne se serait attendu à un tel épilogue en l’occurence. Quel livre ! Je suis vraiment une fan inconditionnelle de cette auteure. A lire absolument ! »
*** Le Dossier du président de Max Geller
(Editions Nouveau monde) Collection sang-froid. 472 pages Format Poche. Prix : 10,90€. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Goffette. Sorti le 18 février 2026.
Le résumé. Max Geller, expert de la CIA sur la Russie, s’est risqué à critiquer le nouveau président des États-Unis dans un email. Il est débarqué pour déloyauté. Au chômage, un mystérieux commanditaire lui offre une fortune pour retrouver et corroborer un dossier du renseignement britannique qui accusait pendant la campagne présidentielle le candidat-promoteur immobilier d’être compromis par le Kremlin. Max devra faire équipe avec Jill Rucker, une belle espionne qui semble autant l’aider que le surveiller. De Londres à Saint-Pétersbourg, puis de la Suisse au Panama, Max et Jill partent à la recherche des sources russes du dossier. Ils naviguent entre la mafia russe et un groupe d’opposants clandestins à Poutine, tentent de pénétrer les secrets de la « banque des oligarques du Kremlin » et découvrent comment la construction de tours géantes permet de blanchir des milliards... Ils sont suivis de près par un assassin des services russes déterminé à détruire les preuves impliquant la Maison-Blanche. Une course-poursuite sans répit, dont personne ne veut les voir sortir vivants. * Ancien officier de l’armée américaine et parachutiste, James A. Scott a travaillé au Pentagone dans la supervision des opérations de renseignement de l’armée. Il est l’auteur de The Iran Contradictions, un thriller finaliste de plusieurs prix littéraires.
« Ce roman d’espionnage en format de poche est comme une prémonition, car en le lisant on a vraiment l’impression d’un déjà-vu, notamment lorsqu’on regarde les actualités à la télé ou sur les réseaux avec les rivalités entre Amérique et Russie, entre Donald Trump et Vladimir Poutine et tout son réseau d’espions chargés d’éliminer toute personne dénigrant le pouvoir... Où est le roman et quand commence la réalité ? »
Sorti le 12 février 2026.
*** Continuons le début de Marc Villard
Série noire Gallimard. 134 pages. Prix 17 €.
"Marc Villard est un poète, mais aussi un grand nom du polar français et de la Série Noire avec notamment « Ballon mort » paru en 1984. Blues & Polar l’avait convoité il y a une quinzaine d’années pour le festival via une étonnante BD « La guitare de Bo Diddley » (éditions Rivages) qu’il avait écrite avec des somptueux dessins de Jean-Christophe Chauzy. Mais il avait dû décliner l’invitation, le dessinateur toulousain n’étant pas disponible. Dans ce nouveau recueil de nouvelles – format qui commence à trouver sa place en France - on retrouve ses personnages de prédilection, avec une faune en rupture et marginalisée de musiciens, de jeunes sans le sou, d’immigrés clandestins... Et on se balade sur des notes jazz, afro-jazz, free-jazz… dans les clubs de Paris tôt le matin, pas très frais, avec la came dure qui traîne sur les coins de table. Avant de descendre vers la Provence, la Camargue, le rosé frais dans les ruelles d’Arles, et d’embarquer sur le bac de Barcarin vers la poésie des mots qui dansent et balancent tendance punk-rock, de Charlie Parker à Sid Vicious pour enfin sombrer dans l’humour très noir des cendres de Sid Vicious défunt chanteur des Sex pistols qui finissent dans les chiottes avec un balayeur qui passe et tire la chasse d’eau… Ce qui était peut-être le rêve secret et déjanté de ce chanteur totalement déglingué. » Un recueil tiré d’une collection mythique et relookée qui lui va si bien. »
*** Les cogne-trottoirs de Bartabas
(Gallimard). Prix : 21€. Sorti le 8 janvier 2026. 280 pages.
Le résumé. « Ce qu’ils virent ce jour-là fut si incroyable qu’ils ne purent en rendre compte ; les enfants furent traités de menteurs et les adultes d’affabulateurs. Même l’escouade de policiers, arrivés en nombre pour dissiper l’attroupement et verbaliser les fauteurs de troubles, resta en arrêt et tomba le képi. Les regards étaient somptueux. À la fin, l’angelotte et l’âne, immobiles sur la corde, en équilibre l’un sur l’autre, vibraient en silence au même diapason. » Une jeune fille muette s’enfuit de chez son oncle après y avoir mis le feu et se réfugie dans la forêt, accompagnée de son âne. Une rencontre menant à l’autre, ils échouent à Paris, dans une troupe de saltimbanques, les Baladins du Temple. De la place Saint-Eustache à Montparnasse, sous la houlette de l’Amiral, les membres de cette joyeuse tribu de marginaux donnent des spectacles de rue, font la manche, défient l’ordre bourgeois. Renommée Cascabelle, l’adolescente va recueillir leurs confidences, découvrir la liberté et partager leurs excès, leurs rêves et leurs chagrins…
« Pour un premier roman, c’est une totale réussite car c’est un roman « frais » qui nous fait rêver avec l’histoire de tous ces saltimbanques qui se produisent dans les rues, bateleurs enchanteurs avec pour chacun d’entre eux une histoire poignante car ils trouvent dans ce cirque ambulant une nouvelle famille. Une très belle écriture que celle de Bartabas qui retranscrit avec une belle veine, le verbe et la gouaille des gens de la rue. »
**** Douze balles pour Marie-Thérèse de Paul Beaupère
(City éditions). Thriller. Prix : 19,90€. 368 pages. Sorti le 28 janvier 2026.
Le résumé. Honorable veuve, Marie-Thérèse mène une vie en apparence irréprochable. Elle joue de l’orgue à la messe du dimanche, écoute de la musique baroque et adore le Scrabble. Ce qui ne l’empêche pas de jurer comme un charretier, de fumer comme un pompier et d’apprécier une bonne partie de chasse. Lors d’une sortie en forêt, elle est témoin d’un viol. Elle abat l’agresseur d’une balle en pleine tête avant de rentrer discrètement chez elle. Mais le commissaire Berg, qui est chargé de l’enquête, retrouve sa trace. Il lui propose alors un marché : si elle élimine douze salopards qu’il n’a pas réussi à faire condamner, il ne la dénoncera pas. Un mort par mois, pendant un an. Marie-Thérèse est contrainte de s’engager dans un périple sanglant. Mais Mamie a plus d’un tour dans son sac et rien ne va se passer comme prévu…
« Si vous n’avez pas le moral, que vous broyez du noir, que vous avez le blues… bref, si ça va pas, alors il faut lire ce livre absolument ! Il n’y a pas une page où vous ne piquiez un fou-rire à pleurer et à vous tordre le ventre... L’histoire de cette veuve , chasseuse hors-pair, balaise au jeu de scrabble et émérite joueuse d’orgue à l’église et toujours à l’heure est truculente et jouissive. Un remède à la mélancolie qui devrait carrément être remboursé par la Sécurité sociale ! »
« Pour son premier roman policier Paul Beaupère dont on pourrait croire qu’il s’agit d’un pseudonyme, vu qu’il est un spécialiste connu et reconnu des séries jeunesse, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. « Beau dab » a en effet trempé sa plume dans deux encriers. Un noir pour les dialogues salés et pas piqués des vers en souvenir de Michel Audiard et un autre (gros) rouge pour trinquer avec Bérurier et le commissaire San Antonio. Car on ne s’ennuie pas un instant dans cet opus premium, grâce – surtout - à Marie-Thérèse pince sans-rire, amatrice de vieille prune, veuve à la gâchette facile obsédée par la chasse au beau et noble gibier des forêts des Vosges, mais qui à force de reluquer dans le viseur va se retrouver « snipeuse ». Car elle est aussi forte au tir aux pigeons que sur un harmonium pour chanter Mozart à pleins poumons. On rit à chaque page, on se gondole, on s’marre et on fonce tête baissée avec elle dans une course-poursuite pour dégommer douze salopards profitant d’une retraite confortable voire plus… mais munie d’une feuille de route qui ferait clamecer illico tout bon curé de campagne à l’œuvre dans un confessionnal. Un polar « pas pour les enfants » mais que les parents peuvent leur traduire. Vu que le soir de Noël pour la messe de minuit la petite église du village - avec vin chaud maison offert - était bourrée comme une urne cubaine. »
« Si vous êtes de celles et ceux qui invoquent plus souvent »l’Éternel pour des problèmes de carburateur que pour des problèmes de conscience", ce 1er roman policier de Paul Beaupère est à votre portée. 12 mois, c’est exactement le temps d’un calendrier ; non pas celui des Pompiers, ni celui de la Poste ; mais celui qui incombe par le plus malheureux des hasards à Marie-Thérèse … Une vieille dame de 70 ans au compteur de la vie, mais qui n’a pas l’âge de ses artères quand il s’agit de semer le trouble et la déroute chez ces flics qui tiennent plus des Pieds Nickelés que du GIGN ! 12 mois, 12 balles … il n’en faudra pas plus à cette vieille pour régler le juste compte à ces douze salopards, « descendus si bas que même le diable refuserait d’y aller » ! Un scénario surréaliste, une intrigue des plus fantasque , une verve que n’aurait pas renié le grand Michel Audiard ... Si un jour la morosité vous gagne (et en ces temps, il y aurait largement de quoi.), laissez vous porter par ce délire policier de Marie-Thérèse ; vos zygomatiques vous remercieront !
En plus, son auteur Paul Beaupère sera parmi nous à Manosque, au prochain Festival Blues et Polar, les 29 et 30 Août 2026."
En avant-première. Sortie en mars 2026.
**** Et coule le sang du désert de Nathalie Gauthereau
Editions Rouergue noir. 336 pages. Prix : 22,50 €.
Le résumé. Léa Francourt est le maillon faible d’une bande de dealers dans la ligne de mire de la police. Cette jeune fille fragile, malmenée par l’existence, que ses aveux mettent dans le plus grand danger, émeut une flic, la capitaine Fanny Costa. Pour défendre celle qui n’est encore qu’une gamine, elle fait appel à maître Pariset, une avocate pénaliste du barreau de Lyon. Au même moment, une série d’exécutions sur les points de deal laisse penser à une guerre de territoires. Derrière ces meurtres, un tueur, le Libyen. L’homme qui se cache sous cette identité est arrivé clandestinement du Sénégal. Exactement comme Kofi Diallo, le jeune assistant qui débute au cabinet de maître Pariset. Dans ce deuxième roman prenant, en fine observatrice du monde de la justice, Nathalie Gauthereau nous plonge dans le monde du narcotrafic et de ses esclaves modernes. Elle nous raconte aussi une histoire de fraternité, par-delà les routes de l’exil.
« C’est un livre formidable où l’on est pris toute de suite par la fièvre de la lecture et qui nous raconte le parcours terrible des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée. Mais avec des détails vrais et très étonnants pour nous. Je pense notamment aux passeports qui sont posés sur les tombes dans le sable pour que d’autres personnes, puissent éventuellement reconnaître celles et ceux qui reposent là à des milliers de kilomètres parfois de leur pays d’origine. C’est un livre empreint d’émotion et de scènes touchantes comme avec cet autre migrant qui pourtant aun travail mais recherche son frère. Un livre témoignage à lire absolument ! »
*** Le visage de la nuit de Cécile Coulon
Editions L’Iconoclaste. Sorti le 8 janvier 2026. 275 pages. Prix : 21, 90€.
Le résumé. Dans un hameau isolé du Fonds du Puits, un enfant survit à une fièvre dévastatrice. Sauvé par un guérisseur, il revient à la vie avec un visage défiguré et devient une créature impossible à regarder. Abandonné par son père, il est recueilli par un prêtre et une ancienne institutrice aveugle. Il grandit aimé mais reclus. Vif, curieux, tendre, le garçon trouve dans la nuit et la forêt un refuge et une vocation — il sera embaumeur. C’est aussi dans cette obscurité qu’il rencontre une fille dont le frère est d’une incroyable beauté, et qui, comme lui, doit rester caché. Cécile Coulon interroge ce que la norme fait à ceux qu’elle rejette, dans ce village où la beauté est aussi menaçante que la monstruosité. Ici, les adultes protègent autant qu’ils enferment, le soin devient un sort, la violence et la souffrance se propagent et les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Avec une plume trempée dans la lave et une langue charnelle et poétique, Cécile Coulon compose un conte fascinant : elle nous plonge dans les zones les plus troubles de l’humain, là où la lumière n’arrive qu’après avoir traversé la nuit. Un roman puissant, poétique, dérangeant. En un mot, vivant ! Un livre pour celles et ceux qui préfèrent lire la nuit.
« C’est un beau roman, c’est une belle histoire… qui comme les chansons de Michel Fugain met le genre humain en avant tant que les personnes sont à peu près « normales ». Et là tout va bien ! Mais dès que la différence apparait sous des traits physiques ou de caractère le véritable genre humain se dévoile avec passion et haines. C’est un livre agréable qui se lite très facilement, avec plaisir et attention. »
***Fugue en sous-sol de Franck Membribe
Editions Horsain. 202 pages. Prix : 12€. Sorti le 13 janvier 2026.
Le résumé. Edwin, cadre en contrôle de gestion, se meurt d’ennui devant ses statistiques. A l’aube d’une nouvelle journée mortelle, il croit s’échapper sur les toits de la ville par une fenêtre de son bureau. Pensant prendre la fuite par une sortie dérobée, il échoue dans un immeuble étrange peuplé d’habitants désaxés qui vivent en vase clos derrière ses murs : une veuve sicilienne autoritaire, un geek fanatique, une fillette mal élevée en mal de paternité, une influenceuse lâchée par ses followers, une call-girl entreprenante, des narcotrafiquants en reconversion, un survivaliste complotiste, etc. Le retour de ce voyage intérieur n’adviendra qu’au prix d’une décharge électrique d’un genre bien particulier..."
« Voilà un livre surprenant et une fin désarmante. Au début de la lecture on ne voit pas trop vers où l’on va mais on lit pour savoir la fin. Et là, on se dit « Zut alors ! » Mais comme l’écrit Franck Membribe habitué de blues & Polar « Prendre la tangente n’est parfois qu’une illusion » Néanmoins, on comprend la personne qui en a marre de sa vie et qui se fait des films dans sa tête… Où est le film, où est la réalité ? »
**** Ultima de Ingrid Astier
(Gallimard Série noire) Sortie le 5 octobre 2025. Prix : 21€. Ingrid Astier Prix Blues & Polar 2012 pour son génial Quai des enfers est de retour et s’empare du sujet brûlant de l’intelligence artificielle et des dérives du numérique pour mettre en scène son héros.
Le résumé La veille de Noël, Rémi, tireur d’exception à l’Anti-gang, est rappelé pour une mission confidentielle : protéger le magnat des médias Richard Schönberg. Défiant les menaces de mort reçues, Schönberg maintient le plus spectaculaire des réveillons au musée des Arts forains. La fête tourne au drame. Sous l’œil de Rémi, un député est abattu par un invisible sniper. Pour laver son honneur et mettre à nu la vérité, Rémi, aidé de la Crime et de Maya, une anthropologue légiste, va traquer ce double maléfique. Et devoir s’allier avec l’inflexible Schönberg… Ingrid Astier et Rémi, l’inoubliable policier plongeur à la brigade fluviale (Quai des enfers), font leur grand retour dans la Série Noire avec Ultima. Poussant loin l’immersion, l’écrivain s’empare du sujet brûlant de l’intelligence artificielle et des dérives du numérique pour mettre en scène son héros, devenu tireur de haute précision. Ingrid Astier a débuté en écriture avec le prix du Jeune Écrivain (1999). La Série Noire l’accueille dès son premier roman, Quai des enfers, (multi-primé, dont le Grand Prix Paul Féval de la SGDL (2010)), qui met en scène la Brigade fluviale, dont elle devient la marraine. Ultima clôt la fresque de Paris, après Quai des enfers, Angle mort et Haute Voltige. Le roman noir lui sert de « cheval de Troie » pour instiller la poésie au cœur du réalisme.
« Le tir de haute précision chevillé au corps car on ne tire pas qu’avec l’œil, doigt posé sur la gâchette… Le tir de défense pour défendre et protéger ; pas le tir d’attaque des snipers éliminant comme au ball-trap, les enfants partis chercher de l’eau à la fontaine dans les rues de Sarajevo pendant la guerre de Bosnie en 1996. Sniper Alley de triste mémoire !
Rémi, tireur d’élite à l’Antigang est de retour dans ce nouveau « pavé » d’Ingrid Astier où l’Europe du numérique, néanmoins soucieuse de la démocratie – à l’image bien réelle du commissaire européen Thierry Breton récent démissionnaire – plante une pointe dans le pied d’un milliardaire magnat de la Presse dont on mesure la hauteur du degré de corruption, à l’aulne de ses connexions tentaculaires de longue date avec les politiques, jusqu’aux sommets de l’Etat… et les réseaux sociaux ! Car l’Intelligence Artificielle a déjà tissé sa toile sans se soucier des bonnes manières. Le lobbyisme et la corruption sont présents à tous les étages du Parlement européen, prodiguée à coups de milliards et de bitcoins. On est là dans une fiction relative, car les exemples réels ne manquent pas, et c’est un bonheur de cheminer dans cette vie de la littérature qui n’est ni une autoroute, ni un chemin escarpé, mais une continuité. Et Ingrid Astier nous y guide avec un talent fou et la précision d’un charpentier Compagnon du Devoir travaillant sur Notre Dame, sans vis ni clous, mais tenons et mortaises en bois d’acacia. On visite, on découvre… et on apprend, que l’on soit dans un restaurant très étoilé, à l’Institut médico-légal de la morgue de Paris ou dans la maison de Schoenberg, milliardaire détenteur d’un empire de Presse qui veut en finir avec le papier et décide de s’attaquer à la francophonie via le virtuel, les réseaux sociaux … et leur cohorte d’influenceuses (il préfère !). « Le Français n’est pas une langue virile dit-il. Trop de nuances, trop de romantisme, trop d’élégance. Il faut détruire la langue pour détruire la cohésion intime-t-il à son chargé de projet. Le livre est notre ennemi. »
Alors comment sauver la démocratie de la technologie et du grand bluff de l’intelligence artificielle ? c’est la question qui forme la colonne vertébrale d’Ultima avec - toujours - la crainte très justifiée d’un attentat sur une personnalité. Ceci n’empêche nullement d’illustrer Ultima d’une B.O musicale comme on aime, allant de Jeff Buckley à Marilyn Manson via le grand violoniste Nemanja Radulovic, Nat King Cole, Bach et Lou Reed. En y ajoutant un péché mignon pour la cuisine de haute voltige et les grands crus de Bourgogne comme le Clos de la Maréchale. Vous avez là un thriller passionnant empreint d’élégance et de romantisme, de motos et de voitures rares siglées très grand luxe, où Rémi incarne remarquablement toute la différence fondamentale entre le tireur de haute précision et le sniper. Un protecteur dans l’âme comme un chien d’avalanche. Un polar brillant ! »
« Le début de ce nouveau roman d’Ingrid Astier est un peu difficile pour une novice totale et absolue (comme moi) des nouvelles technologies. Je cite d’ailleurs une phrase de l’auteure qui éclaire ma réflexion « Toute personne qui possède un smartphone ou un ordinateur est une guerre qui avance masquée derrière la belle idée de sociabilisation et du partage ». Mais on arrive rapidement à la partie polar du livre avec Rémi ce tireur d’élite (THP) et son Ultima (la Rolls des fusils de précision qui équipe la BRI, le Raid et le GIGN). On entre alors dans un très bon roman à suspense, avec beaucoup de détails incroyables quant à la décoration des appartements de ce magnat des médias comme l’était Marcel Dassault, puis son fils Serge… Cela déclenche des envies de recherches spontanées et beaucoup de réactions. J’ai beaucoup aimé ! »
En avant-première. Sortie le 19 février 2026.
**** Cavillore de Jérémie Claes
Prix : 20€. Editions Héloïse d’Ormesson. 240 pages. 
Le résumé. De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace sourde plane encore. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières. Mai 1993. Au lever du jour, les habitants de Gourdon font la macabre découverte du cadavre d’une jeune inconnue. Tous s’interrogent et cherchent un coupable. On s’observe et on se méfie des étrangers. Se pourrait-il que les Camillieri, cette famille de marginaux arrivée récemment au village, soient responsables de ce drame ? Ou Raphaël, le fils martyr de l’aubergiste ? Ou peut-être le jeune Rémi, la mauvaise graine du village ? Ariane, la matriarche du clan, va enquêter pour disculper les siens et rendre justice à la victime. Nico revient au village en août 2024. Sur place, les fantômes continuent de rôder dans les ruelles. Et la vérité sur cette vieille affaire lui parviendra d’une bien curieuse manière.
« Décidément, je suis une fan inconditionnelle de Jérémie Claes depuis « L’Horloger » que Blues & Polar avait pu lire en avant-première et qui était devenu un de nos cinq « Coups de cœur 2024 ». En effet, ce troisième roman qui se passe de nouveau au Gourdon, terrasse merveilleuse des Alpes-Maritimes surplombant Nice, Cannes et la Méditerranée, est un vrai bonheur. Jérémie Claes qui y a véritablement grandi ainsi qu’à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) nous décrit tous ses habitants comme un confident, comme si on était assis avec lui sur un banc de pierre au cœur du dédale des rues sinueuses et qu’il nous raconte ce que l’on voit autour de nous. Car il y a un mystère qui rôde et plane sur le village, mais lequel ? J’ai adoré ce livre. »
« Cavillore un nom qui roule dans la bouche, plein, sonore ; un nom qui a du tannin… écrit l’écrivain-caviste bruxellois Jérémie Claes dans son 3e roman. Un nom d’orage d’été et de rocaille. » Et ce nouvel opus, comme les deux précédents, sent toujours la Provence, le thym et la garrigue, le pebre d’ail et le serpolet, les pierres chauffées par le soleil, la solitude des petits villages bombardés de touristes l’été, mais balayés par le vent l’hiver avec leurs ruelles étroites désertes, mais aussi par le sang écarlate sur la neige blanche et les destins écorchés. Désormais bien ancré dans le peloton des polars attendus avec impatience, Jérémie Claes ne quitte pas le nid d’aigle du Gourdon de son enfance, perché à 800 m d’altitude, à un jet d’arbalète de Grasse et de la Méditerranée, de Cannes et de Mougins. Comme si cette nature était son Cincinnati, son studio d’intrigues entre fiction et réalité. Un domaine de cœur où il nous surprend à longueur de phrases gourmandes et coups de poing. Et une nouvelle fois, on tourne avidement les pages même si on prend le temps de se délecter de sa sélection « vins des tablées familiales » où le caviste de profession met sur la nappe ou le coin de table, un Tavel rosé vintage qui affiche fièrement sa couleur ou un Domaine Tempier de Bandol plein de promesse biberonné au mourvèdre depuis tant d’années. Sans oublier en osmose avec la chasse au coupable de meurtres inexpliqués, la bande-son de Cavillore moins jazzy que celle de L’Horloger et du Commandant Solane, mais plus rebelle cette fois avec Nirvana, Higelin, Hubert-Félix Thifaine et Renaud. Le Gourdon, un des plus beaux villages de France, recèle encore de mystères cachés dans l’imaginaire des vieilles pierres du château et des calades rabotées par le vent… Et ce n’est pas fini ! »
**** Le garçon éternel de Jérôme Loubry
(Calmann-Lévy). Prix : 21, 90€. Sorti le 2 janvier 2026.
Le résumé. Dans cette forêt, la mémoire, la folie et la vengeance tissent une légende meurtrière… Une forêt en pleine nuit recèle bien des mystères. Ces deux adolescents partis chercher le succès en filmant leur aventure vont y trouver l’inimaginable : un cadavre de femme, mains et pieds coupés… Sur place, l’inspectrice Manon Rousseau comprend tout de suite que le tueur a mis en scène sa découverte comme un rituel. Bientôt, la rumeur du retour du « garçon éternel » – une légende locale – surgit, alimentée par les réseaux sociaux. Parallèlement, Cédric, journaliste rongé par le départ de sa femme, accepte de retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements qui lui sont fournis, il plonge dans la vie d’une mère dévouée à son fils, à la fin des années 1950. Mais si ce qu’il entend est vrai, quel terrible secret est-il en train de mettre au jour ? Du passé au présent, des clochettes funéraires aux eaux silencieuses du lac, les disparus et les vivants sont liés par un fil longtemps demeuré invisible... Un thriller psychologique puissant qui navigue dans les méandres de l’esprit humain. Jérôme Loubry « Coup de cœur Blues & Polar pour « L’Ile » qui habite dans les Alpes-de-Haute Provence près de Manosque est déjà venu au festival Blues & Polar en 2021.
« Incroyable ! Jérôme Loubry est un véritable expert des thrillers psychologiques puisque ce livre traite de la manipulation psychologique chez des patients influençables et fragiles. C’est incroyable de voir jusqu’à quel point on arrive à faire croire à des événements qui ne sont jamais survenus ; et c’est un traitement qui existe d’ailleurs au sein des unités psychiatriques. Mais comme l’écrit très bien Jérôme Loubry à la fin de son roman « Comment à travers un simple livre on parvient à manipuler le lecteur. »
**** Ici s’arrête le monde de Barbara Abel
Editions Récamier noir) Prix : 21€. 365 pages. Sorti le 6 novembre 2025.
Le résumé. On croit toujours que le chaos est réservé aux autres. Jusqu’au jour où il frappe ici. Chez nous. Un samedi de septembre. Les courses, un anniversaire à préparer, les frictions ordinaires d’une famille recomposée. Puis, soudain, les explosions. Bruxelles bascule dans le noir. Pour survivre, Hélène, Raphaël et leurs enfants doivent quitter la ville dévastée. Avancer comme un clan. Pour échapper aux bombes, il faut rester unis. Mais quand les failles de chacun s’invitent au cœur de cette famille, l’ennemi n’est pas toujours au-dehors. Avec sa maîtrise du suspense psychologique, Barbara Abel – pionnière du thriller domestique, traduite dans le monde entier et adaptée au cinéma jusqu’à Hollywood – signe un roman aussi haletant qu’intime où, face à l’effondrement, une vérité s’impose : ici s’arrête le monde... et commence ce qu’il reste d’humanité.
" Il y a la peur d’abord, l’effarement du moment, la surprise, la panique du sans téléphone et du « y’a plus de réseau » car plus d’électricité non plus, les cris et les pleurs du bébé qui n’en finissent plus, la crise d’asthme, la détresse respiratoire… et l’apocalypse en sortant de la maison. Inimaginable ! Comme dans un rêve éveillé à l’heure du potable greffé aux oreilles et des selfies à longueur de journée, les ados qui n’ont jamais connu une coupure d’électricité de leur vie comme dans les années 60 sont en totale sidération. Le destin a frappé mais avec des bombes ! Pourtant Bruxelles ma belle de Dick Annegarn, si tranquille avec son Manneken-Pis ses frites, ses gaufres, sa Gueuze Lambic, la rue des bouchers, la Grand-Place, Forest national ou le stade d’Anderlecht… n’est ni Gaza, ni Beyrouth, Damas, ou le Yémen. Alors Bruxelles bombardée en pleine nuit, pourquoi ?
Barbara Abel qui y vit depuis toujours se met dans la peau des Bruxellois touchés à l’improviste, mais par qui et par quoi ? Avec tout ce que l’impréparation d’une attaque possible sur l’Europe - comme l’a bredouillé le vizir Poutine dernièrement - peut laisser imaginer. Fidèle à son écriture feutrée d’observatrice du quotidien elle nous balade dans le désastre des appartements aux planchers et plafonds éventrés ressemblant aux dégâts enregistrés chaque jour en Ukraine depuis le déclenchement de l’invasion russe.
La tranquillité du foyer, en terrasse avec des amis, dans la rue… et d’un coup, le déluge venu du ciel, le fracas comme un tonnerre qui gronde et frappe ! Et ces phrases « punch-lines » qui nous cueillent comme une décharge électrique digne d’un crochet de Mike Tyson en pleine face. « The Passenger » le refrain d’Iggy Pop chante une dernière fois sur le portable déchargé rendant l’âme devenant la simple carcasse d’un monde perdu. Ce roman visionnaire qu’on espère et souhaite impossible, nous rappelle aussi le drame de l’ex-Yougoslavie, avec Belgrade bombardée par l’OTAN, et des snipers tirant méthodiquement comme dans un safari sur femmes et enfants allant chercher de l’eau dans une rue de Sarajevo. C’était en 1993 à 3 heures d’avion de Marseille ou Paris… et la rue s’appelle « Sniper Valley » pour toujours ! Que se passerait-il si ce mauvais rêve devenait réalité à Paris, Bruxelles, Londres, Munich ? Barbara Abel questionne comme dans une salutaire mise en garde sur le chacun pour soi et le manque de solidarité qui s’installent... Une vraie leçon de vie tristement prémonitoire."
« Quelle claque que ce nouveau livre de Barbara Abel avec une lecture continue sous haute tension ! Un pays : la Belgique. Des informations que l’on entend tous les jours sans que l’on s’y attarde puis bombes, et au centre de ce conflit soudain des milliers de personnes qui essaient d’en réchapper … Et là, l’être humain prend toute son importance. C’est sauve-qui-peut général et tant pis pour celle ou celui qui reste ou traine en chemin. L’être humain revient un animal qui tuera pour sauver sa peau. Complètement terrifiant, digne des grands romans de Barbara Abel ! »
**** Les secrets d’oldforest de Pierre-Yves Touzot
Tome 2 (thriller) 331 pages. Prix : 22€. Sorti le 10 octobre 2025. Editions la Trace. Après le succès d’oldforest 1. Voici le deuxième volet de la trilogie.
Le résumé. Oldforest, parc national canadien situé en Colombie-Britannique au pied des montagnes Rocheuses, connu pour abriter l’une des plus anciennes forêts de la planète. La partie orientale est maintenue à l’état strictement sauvage. Aucune présence humaine n’y est tolérée... Pour Déborah, tout se complique depuis le départ précipité d’Anton. Alors que les touristes envahissent le parc pour l’été, les Survivants se trouvent à un tournant de leur histoire, déchirés entre l’envie des uns de révéler les Pouvoirs de la Forêt et la volonté des autres de protéger les Secrets d’Oldforest. L’arrivée d’un personnage énigmatique et de nouvelles révélations sur l’histoire de la Communauté vont placer Déborah dans une situation inconfortable, en première ligne pour décider de l’avenir d’Oldforest… Pierre-Yves Touzot nous invite à poursuivre le voyage en immersion dans le célèbre parc de l’Ouest canadien, à travers un thriller fantastique aux multiples rebondissements. La suite de ce grand roman d’aventures à ciel ouvert, au plus près de la nature.
« Dès que l’on commence à lire ce 2e tome de la Trilogie des Secrets de Old forest de Pierre-Yves Touzot – dont on avait fortement apprécié le premier - on ne le lâche plus. Certes, c’est un thriller fantastique mais il est tellement prenant avec les descriptions superbes de ces paysages qui te transportent dans l’Ouest canadien, qu’il te fait littéralement rêver éveillé. Malheureusement, c’est déjà la fin de ce nouveau tome. Et il faudra attendre avril 2026 pour replonger dans le rêve. J’ai adoré ! »
*** Les abandonnés de l’île Saint Paul de Valentine Imhof
(Collection l’Affaire qui… de Michèle Pédinielli. Éditions L’Aube noire). Prix : 11,90€. 128 pages. Sorti le 23 janvier 2026. Format « Grande poche ».
Sur cette île où il n’y a rien, il y a un cimetière. « Ils étaient sept, six hommes et une femme enceinte, six Bretons et un Malgache. En 1930, employés de La Langouste française, ils ont accepté de rester après la saison de pêche pour entretenir les installations de la conserverie sur l’île Saint-Paul, minuscule îlot volcanique au cœur de l’océan Indien. Une sinécure, leur a-t-on assuré ? beaucoup moins de travail pour le même salaire. Presque des vacances ? ! La relève était attendue au bout de trois mois ? cela en prendra six de plus avant de voir arriver un bateau. Et sur l’île Saint-Paul, il ne reste alors que trois survivants… »
« Dans cette série « l’Affaire qui… » imaginée par Michèle Pedinielli présente à Blues & Polar cet été pour son polar « Un seul œil », l’auteure reprend des événements qui ont marqué leur époque, comme ici les employés de la conserverie « La Langouste française » partis sur l’île Saint-Paul pour pêcher ce prestigieux mets très apprécié de la haute société française. Tout dans ce récit est fort bien détaillé, illustré par des revues et articles de presse de l’époque, en y ajoutant l’ambiance des années 30 avec l’exposition coloniale de Paris en 1931… et son zoo humain ! Alors, oublier sept pêcheurs sur une île à des milliers de kilomètres de la Bretagne ne semblait pas un problème pour les armateurs. Ce livre est édifiant et l’histoire fort bien retranscrite avec les coupures de journaux retrouvées via la Bibliothèque nationale de France (BNF). Ceci donne envie de lire les suivants récits de L’Affaire qui… »
Sortie le 16 janvier 2026
*** Immersion de Nicolas Druart
(Belfond noir) 320 pages. Prix : 20€. 

Le résumé. Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir. Nicolas Druart vous guide en enfer avec un thriller hors normes, mêlant atmosphère et épouvante, pour une lecture hautement compulsive. Plongez si vous osez… Dans l’Aude, gendarmes et médias sont sur le qui-vive : depuis quelques jours, des hommes et des femmes sont emportés par ce qui ressemble à une épidémie de morts subites. Seul lien entre les victimes : elles avaient toutes participé à l’exploration du gouffre de Gorre peu avant leur décès. Tout juste rouvert après un terrible accident qui a nécessité sa fermeture pendant deux ans, l’endroit, qui offre des immersions terrifiantes réservées à un public averti, se trouve de nouveau au cœur d’un scandale. Léo Masset, infirmier trentenaire, en sait quelque chose : lui et ses amis ont tenté l’aventure, et trois ne sont pas revenus, dont sa femme. Accablé de chagrin, seul avec son fils à charge, Léo est prêt à tout pour faire tomber les propriétaires du gouffre qui jouent à un jeu des plus dangereux...
« Ce livre porte fort bien son nom car dès les premières pages nous sommes en immersion et plus nous descendons dans ce gouffre plus la tension monte sans savoir justement quand cela va se terminer… Puis on se rend compte au fur et à mesure que toutes ces angoisses font partie d’un jeu de réalité virtuelle. Quand on aime les sensations fortes, ce livre est fait pour vous. »
**** La mort malgré lui de Armelle Hérisson
Série noire Galimard. 394 pages. Sorti le 8 janvier 2026
Le résumé. Un village en Hongrie, 1944. De jeunes hommes sont enrôlés contre leur gré dans la Waffen-SS. Isère, 1980. Huit femmes sont enlevées puis tuées pour un projet artistique macabre. Toulouse, 1986. Martine Escadeillas disparaît mystérieusement. Laval, 1987. Le corps d’une journaliste parisienne est retrouvé, nu et couvert de sang, au pied d’une cité HLM tranquille. Séquestrée à plusieurs centaines de kilomètres de chez elle, elle semble avoir été tuée alors qu’elle tentait de s’enfuir. Pourquoi était-elle retenue prisonnière ? Par qui ? Le commissaire Ralu et sa brigade espèrent trouver la réponse dans les dossiers d’enquête de la victime.
« Dès la première page, on pénètre véritablement dans les tripes de ce livre et on ne le quitte plus. Car deux histoires se relaient au fil des pages. L’une, poignante car elle parle des conditions de vie des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; l’autre avec cette enquête policière qui fait suite à la guerre et nous tient là de manière hyper-addictive et en haleine jusqu’à la dernière page. Un livre hypnotique et prenant. »
*** Brûlez tout de Christophe Molmy
. (Fayard). Prix : 9,90€ Format Livre de poche.
Christophe Molmy a reçu le Prix du Quai des orfèvres 2026 créé en 1946 par Jacques Gatineau. Une institution singulière dans le paysage littéraire français. En effet, parmi le jury présidé par Fabrice Gardon directeur de la Police judiciaire de Paris, on retrouve plusieurs connaissances amies de Blues & Polar dont Franz-Olivier Giesbert parrain de notre festival, Olivier Norek ancien Prix Blues & Polar 2015 et Jacques Dallest procureur général honoraire Grand Témoin du festival Blues & Polar 2023. Le parrain de cette 80e édition était le comédien Guillaume Canet.
Christophe Molmy est flic et écrivain. Ancien patron de la BRI de Paris, il dirige aujourd’hui la brigade de protection des mineurs. « Brûlez tout » est son septième roman.
Le résumé. Cette nuit-là, un feu ravage la permanence d’un député. Le lendemain, un relais 5G explose. Quelques jours plus tard, un essayiste célèbre est violemment agressé, un avocat menacé de mort. À chaque fois, la même revendication, la même signature : un mystérieux groupe sème la terreur… et diffuse ses exploits sur les réseaux sociaux, sous les yeux d’une France sidérée. Face à cette vague de crimes spectaculaires, Sacha Letellier, flic à l’ancienne, se lance dans une course contre la montre. Marqué par une fusillade qui a pulvérisé sa vie, incompris de ses collègues, il doit affronter une criminalité nouvelle, insaisissable, qui se nourrit du chaos numérique et défie la police à chaque clic. Mais quand la technologie devient le terrain de jeu des criminels, Sacha n’a plus qu’une arme : son instinct. Et s’il était le seul à pouvoir faire tomber ce réseau qui rêve d’insurrection
"Brûlez tout ! C’est par le feu qu’on a souvent détruit des villes et des civilisations dans l’histoire du monde. Et aujourd’hui encore, en Iran, aux Etats-Unis… on brûle des livres qui ne conviennent pas. C’est le moyen d’arriver petit à petit au chaos et à la révolte, d’autant que les réseaux sociaux savent distiller désormais leurs vagues complotistes et populistes pour ressusciter une mode gilets jaunes qui ne demande qu’à rejeter les élites et les politiques pour faire place neuve. Et après ?
C’est ce que Christophe Molmy qui a vécu les attentats du 13 novembre 2015 à Paris en entrant au Bataclan en tant que Chef de la BRI pour libérer les otages du commando djihadiste, essaie de mettre en scène, via la fiction, pour démontrer qu’il est difficile de lutter contre des idéologues sachant bien manier l’informatique et les réseaux sociaux, mais aussi les explosifs de manière artisanale et dangereuse avec des produits en vente libre, à l’image de ceux ayant détruit accidentellement (?) l’usine AZF de Toulouse en 2001 et le port de Beyrouth en 2020. Et dans ce polar où se mêlent politique et enquête de police, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Avec une idée en tête, identifier le fameux Watchmen ce « sans visage » visiblement d’extrême-Droite qui affole tous les réseaux sociaux et la population ; et qui n’a qu’une idée en tête « faire monter la mayonnaise » pour arriver au chaos total et entrer à l’Elysée comme les « sauvages » de Trump sont entrés au Capitole.
La traque du psychopathe endoctriné est passionnante à suivre et on constate qu’il n’y a pas que les ordinateurs pour tout découvrir. Le fameux « flair » du flic à l’ancienne a toujours sa place dans la panoplie de l’enquêteur de 2025 car il y a des trucs et des indices qui relèvent de l’émotion, de l’affectif et qu’on ne peut pas inventer. Il y a toujours quelqu’un dans les faits-divers pour mettre ses doigts dans la prise et faire sauter les plombs !"
« Mais où débute le roman et où débute la réalité ? Car avec ce « Brûlez tout ! » on plonge dans un chaos urbain déclenché par les réseaux sociaux. En effet, la plupart des personnes de tous âges sont en permanence connectées à leur téléphone, et pour peu que quelqu’un exhorte les gens à un soulèvement contre le pouvoir, la politique du clic provoque le chaos à l’image des « Gilets jaunes » qui ont bloqué le pays en octobre 2018. La solution choisie est d’arrêter ces personnes-là avec les forces de Police ; d’où ce roman de Christophe Molmy à l’époque patron de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention). Un polar très intéressant et plaisant à lire. »
**** La secte de Nicolas Feuz
(Editions Rosie & Wolfe) Sorti le 2 octobre 2025.336 pages. Prix ; 19,50€.
Le résumé. Dans les Alpes suisses, un stage de remise en forme vire au cauchemar. Entre 1994 et 1997, l’Ordre du Temple Solaire (OTS) a cumulé 74 victimes dont l’âge variait entre 3 mois et 79 ans, dans des massacres perpétrés au Québec, en Suisse et en France. Suite aux événements du Vercors survenus en décembre 1995, un rapport d’enquête parlementaire français classa l’OTS comme secte.Trente ans plus tard, six personnes, dont l’inspectrice genevoise Ana Bartomeu (Le Philatéliste), se retrouvent coincées dans un refuge de haute montagne, dans les Alpes valaisannes, en pleine tempête de neige, sans réseau téléphonique ni Wifi. Ce qui leur a été présenté comme un stage de remise en forme tourne au cauchemar. Les décès suspects se succèdent. Derrière cette série de suicides inexpliqués plane une ombre : celle de l’étoile Sirius. Et de l’OTS.
« Voilà un très très bon roman. Celui avec des morts que l’on attribue à des suicides collectifs puis tout au long de ce livre, parallèlement à l’histoire l’évocation grâce à une excellente documentation, sur l’Ordre du Temple solaire qui a l’époque (1994-1997) avait horrifié le public. Notamment en raison de l’âge et du nombre de personnes sacrifiées au nom d’une idéologie complètement folle. Un livre à lire absolument écrit… par le Procureur du canton de Neufchatel en Suisse habitué des n°1 des ventes dans son pays depuis plusieurs années ! »
*** Des enfants uniques de Gabrielle de Tournemire
. (Flammarion). Sorti le 27 août 2025. Prix : 19€. 224 pages.
Le résumé. Hector et Luz sont amoureux depuis l’adolescence. Aux yeux du monde, pourtant, ils sont incompatibles : du panel des amours possibles est exclu le leur. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n’a nulle place où s’installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs cœurs ont des raisons que les autres font mine d’ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit. Roméo et Juliette fragiles et entravés, ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l’infantilisant regard de l’autre. Avec une écriture aussi incarnée que précise, Gabrielle de Tournemire livre un roman d’apprentissage, chemin de compréhension de soi et de l’autre, micro-fresque de la naissance possible d’une famille différente, unique.
« Des enfants uniques », ce roman de Gabrielle de Tournemire pourrait porter à confusion, justement de par son titre... mais non ; pas des enfants « uniques » de par une absence de fratrie, mais « uniques » parce que différents et donc « autrement capables » parce qu’ils sont handicapés dès leur naissance ! Dans son écriture réaliste et son style littéraire (l’autrice est agrégée de lettres modernes), G. de Tournemire nous offre là un très beau roman d’apprentissage où le handicap est une force qui vient interroger - bousculer - subvertir nos cadres de pensée jusque dans la rigidité de nos habitudes de vie et de nos rapports sociaux... au point qu’à l’issue de sa lecture, on est en droit de se poser la question : Qui est le plus handicapé face aux surprises, aux incohérences et tourments de la vie ? Bien que chahutés par la vérité tourmentée et le bien-fondé de leurs émotions, contrariés de devoir vivre et se construire avec les limites de leur handicap, mais sans jamais céder aux obstacles et aux incessantes incompréhensions de leur entourage parental et institutionnel, Luz et Hector vont suffisamment croire en leur amour naissant d’adolescents pour chercher à s’inscrire dans la place qui leur est due, sans du tout renier la vérité de leurs émotions, ni leur volonté d’inscription sociale en adultes. En cela, la force du récit de G. de Tournemire nous offre un vrai chemin d’apprentissage de la vie où le handicap, dans ses différences à une soi-disant « normalité », est une vraie force de changement dans les regards que nous portons aux autres, dans nos habitudes sociales, dans la certitude de nos croyances de nos valeurs, dans la bonne place de nos institutions ... Là est le côté « unique » de ce roman qui vient justement nous rappeler que l’on est tous un peu handicapé de la vie ! »
*** Les contes fantastiques de l’oncle pierre de Pierre Meige
(MELMAC éditions). Sorti le 26 octobre 2025.
Le résumé. C’est le moment ou jamais pour se faire peur, tout en sachant très bien que tout cela peut se prendre au second degré. Pierre Meige, dans un style envolé, nous raconte des histoires de zombies et d’aliens, de vaudou et de vampires, d’elfes et de maisons hantées. Une série de nouvelles à mettre en regard de la série télévisée « Les Contes de la crypte », qui faisait peur tout en faisant sourire. Horreur et sourire, logique puisque ce livre arrive au moment d’halloween. Pierre Meige fidèle du festival Blues & Polar a déjà publié, un recueil de nouvelles policières se déroulant en EHPAD, mais il est aussi romancier, poète et musicien.
“Le Horror smile show de l’Ami Pierrot tel pourrait être en filigrane le sous-titre amical de ces Contes fantastiques de l’Oncle Pierre parus chez Melmac, maison d’édition marseillaise fondée par l’autre ami et ancien confrère de La Provence Patrick Coulomp. Car Pierre Meige est un raconteur d’histoires depuis toujours ; qu’il soit assis à son piano ou face à son micro lorsqu’il tâtait du rock à tout crin, Beatles, Kinks et Pretty things en tête car le « géant vert » était plus mods que rocker, qu’il traverse le périph Porte de Vanves pour trainer ses pompes à Paname dans la nostalgie de la Locomotive à Pigalle, ou en errance dans les ruelles de Sainte-Tulle écrasées de soleil pour trouver un arbre à palabres comme le ferait un griot. Dans ce livre de pas toujours bonnes nouvelles, il raconte l’Oncle Pierre, comme il le fait toujours avec les yeux écarquillés du gosse qui s’émerveille d’un train de montagne qui arrive à l’heure ou d’une chouette qui hulule encore sous les étoiles. Poète au clair de lune, on ne se refait pas... On y navigue entre le fantastique (son univers de prédilection) et le surnaturel, en regardant vers l’espace et l’au-delà, mais aussi sur Terre avec les sorcières du vaudou en Haïti pour neutraliser les chefs de gangs à coups de potions magiques, et plus près de nous les fantômes insoupçonnables des campagnes françaises aux allures de grand-père charcutier ou agriculteur qui se transforment en prédateurs, sans oublier la passivité du monde politique et une bonne dose d’humour. Un livre que l’on parcourt avec appétit, sourire… et réflexion. »
*** La mort brutale et admirable de babs dionne de Ron Currie
Éditions Flammarion. Traduction de l’Anglais par Charles Recoursé. Sortie le 15 octobre 2025. Prix : 22, 50€. 464 pages.
Le résumé. Waterville, dans le Maine, nord-est des États-Unis. Une ville face à ses fantômes. Désindustrialisation. Effritement de la culture franco-canadienne. Traumatismes des guerres d’Irak et d’Afghanistan. Opiacés. Un cloaque, en somme, dont l’ange gardien s’appelle Babs et c’est la Boss ! Grand-mère adorée et matriarche d’une famille criminelle, elle dirige la petite ville d’une main de fer avec l’aide de ses filles. Mais lorsqu’un baron de la drogue canadien découvre que ses affaires sont en baisse dans la région, il envoie son médiateur en chef pour régler le problème, dans le sang si nécessaire. Au même moment, la plus jeune fille de Babs disparaît. Elle sera retrouvée vingt-quatre heures plus tard, morte. Et dans l’enfer qui s’apprête à déferler sur Waterville, il vaut mieux ne pas s’attirer la colère de Babs.
« Babs est un personnage haut en couleurs qui a décidé de régner dans sa ville avec une poigne de fer tout en contrôlant son propre trafic de drogue. C’est un livre facile à lire où l’on sourit souvent à cause des expressions canadiennes employées. Un roman distrayant qui nous transporte aux frontières du canada et des grandioses paysages. »
*** Au cœur du cirque funèbre de Norman Jangot
Éditions Héloïse D’Ormesson. Sortie le 9 octobre 2025. 160 pages. Prix : 18€.
Le résumé. Un privé aussi désabusé qu’alcoolisé, prototype de l’anti-héros, lancé sur les traces d’un terrible tueur en série, parviendra contre toute attente à résoudre une diabolique enquête, grâce à son esprit de déduction et à son ingéniosité. Un spectaculaire jeu de piste dans un Paris clandestin.Le privé Plamensen est engagé par un étrange et richissime collectionneur obsédé par les tueurs en série. Ce dernier lui propose d’enquêter sur le sinistrement célèbre Jonathan Mörgn, dont les victimes étaient toutes des sans-abris du métro parisien. La folie criminelle de Mörgn a pour point culminant la mise à mort par noyade de cinquante victimes dans un ancien bunker. Le psychopathe, pour entretenir sa légende, aurait dissimulé juste avant sa disparition des pictogrammes, dessinés à la main, au terminus de chaque station. Plamensen, le sarcasme arrosé au whisky, va tout faire pour éviter de se frotter à cette sale affaire. Pourtant, elle va finir par le rattraper, et il n’aura d’autre choix que de se salir les mains pour découvrir ce que dissimulait cet assassin aux sinistres desseins. Pour affronter les ténèbres du cœur humain, la dérision est parfois une arme impitoyable. Plamensen, en dépit de son esprit souvent embrumé, n’a pas son pareil pour la dégainer. Dans le dédale du métro et les entrailles du ventre de Paris, Norman Jangot nous dérange, nous déroute et nous offre un polar d’une singularité redoutable.
« Ce roman met en scène un détective privé qui n’est pas très souvent à jeun ; mais cela l’aide à résoudre les dossiers qu’on lui attribue. Là, c’est le réseau du Métro parisien qui est mis en avant pour son enquête. Et celle-ci s’avère captivante de par le style du personnage qui a des expressions et des réflexions sur le monde qui nous font apprécier ce détective pas comme les autres. Un bon roman. »
*** La fin de l’homme d’Antonio Mercero
(Editions L’Aube noire). Traduit de l’espagnol par Sophie Barthélémy. 520 pages. Prix : 20,90€. Sortie le 3 octobre 2025.
Le résumé : Alors qu’elle s’apprêtait à se montrer en tant que femme à ses collègues pour la première fois, l’inspectrice Sofia Luna se voit contrainte d’enquêter sur le meurtre de Jon Senovilla, le fils d’un célèbre auteur de romans historiques. Bientôt, elle découvre que tous les membres de la famille du défunt cachent de nombreux secrets.
« Certes il y a un roman avec des morts de « possibles coupables », mais il y a surtout le parcours d’un homme qui décide enfin de devenir femme avec tous les traitements puis les opérations par lesquelles il doit passer, et subir. Néanmoins, le moment le plus délicat est celui où il doit se faire accepter par ses collègues de la Brigade de Police où il opère en tant qu’homme depuis de nombreuses années, tout en essayant de ne pas répondre aux provocations, ni à l’intolérance de ces hommes… »
**** L’homme sous l’orage de Gaëlle Nohant
(Editions L’Iconoclaste). Sorti le 21 août 2025. Prix : 21,90€. 350 pages.
Le résumé : Hiver 1917. Le front s’enlise, l’arrière s’épuise. Une nuit d’orage, un visiteur demande asile à Isaure, la propriétaire d’un domaine viticole. Avant le conflit, c’était un peintre talentueux reçu au château, désormais c’est un déserteur que la maîtresse de maison renvoie sèchement. Saisie de compassion, Rosalie, la fille d’Isaure, le cache au grenier. Mais avec lui, les périls s’invitent au cœur de la demeure. Peut-on agir sur le destin ? Le fugitif, la jeune fille et la mère refusent la place qui leur a été assignée. Ils s’émancipent et se confrontent, tissant un fascinant roman de guerre, d’amour et de liberté. Pour eux comme pour nous, l’orage se lève, il faut tenter de vivre.
« 14-18, la Grande Guerre, terrible boucherie synonyme de charniers, combats vains et inutiles et de morts à millions explosés dans les tranchées... De la fleur au fusil des premiers jours, plein de confiance et de supériorité côté français, jusqu’aux « Gueules cassées » gisant dans les hôpitaux, la vie est rude néanmoins pour celles et ceux qui ne sont pas au front même si une certaine bourgeoisie parisienne et de province trouve le temps de vivre mieux que les autres dans ces Pyrénées catalanes où la vigne et le vin sont le sang des familles aisées depuis des lustres. C’est là qu’un personnage surgit de nuit, sous la pluie pour demander l’accueil dans ce domaine viticole très connu qu’il connaissait jadis… Ici on mange encore du gigot avec des pommes de terre et la femme veille sur le vignoble, car le mari de madame est la guerre comme son fils Lieutenant d’un bataillon dans la Somme. Que veut cet homme encore jeune et qui n’est pas au front ? Est-ce un déserteur recherché par la gendarmerie ? Avec des mots génialement choisis, opportuns et justes, pleins de sens cachés qui explosent de couleurs et de nuances pour exprimer en un seul tout un univers de sentiments, là est le talent de Gaëlle Nohant qui au travers de la maxime « Guerre, femme, vie, liberté » provoque des bascules et des rebondissements dans ce beau roman où l’on se délecte de l’écriture si juste et délicate, riche en phrases si belles même dans les moments perdus. « L’haleine de la nuit est suave et parfumée écrit-elle. Il s’engorge les poumons avant d’emboiter le pas de l’inconnu à travers les arbres… » Les miracles ont un prix en temps de guerre. »
« C’est un très beau roman que l’histoire de cette famille bourgeoise du pays catalan français pendant la première guerre mondiale de 14-18 avec tous les malheurs qu’elle a engendrés dans les provinces françaises. Gaëlle Nohant écrit tout en finesse avec plein de sentiments parfois contradictoires et qui nous interpellent aujourd’hui. On plonge illico dès les premières lignes dans la vie et l’ambiance de cette famille à grands principes en se demandant comment on aurait réagi à leur place ? C’est un réel et grand plaisir que la lecture de ce livre. Quelle belle littérature ! »
**** Le sang des nonnes de Max Clanet
(Éditions Nouveau monde) 368 pages. Format Poche. Prix : 9,90€. Sortie le 17 septembre 2025.
Le résumé. Hiver 1438. Un froid polaire s’abat sur le royaume de France. Partout, la famine menace. Dans un monastère isolé du Morvan, plusieurs religieuses trouvent la mort dans des circonstances troubles. Le père abbé y voit la main du diable, la mère supérieure, une nouvelle épidémie de peste. La peur s’empare de la petite communauté, tandis qu’à l’extérieur les paysans se terrent dans leurs logis par crainte des Écorcheurs, ces mercenaires qui errent dans les campagnes, assassinent et pillent. Bravant les superstitions et les interdits, une des sœurs décide de trouver une explication rationnelle à ces morts mystérieuses. Elle découvre alors que l’abbaye est infiltrée par d’obscurs personnages, obsédés par une légende qui remonte à la quatrième croisade… Un thriller médiéval inédit, aussi glaçant qu’envoûtant.
« Le mystère remonte à la nuit des temps quand on ne savait pas à l’avance sur qui on allait tomber, mu par des mécanismes parfois prévisibles mais aussi inconnus relevant autant du hasard que des rencontres fortuites… Et le Moyen-âge n’en manque pas ; tout comme Max Clanet ne manque pas d’imagination et de connaissances historiques destinées à nous tenir en haleine entre seigneurs de Province et saigneurs des grands chemins, nommes et bandits itinérants surnommés « les Ecorcheurs » sans foi ni loi et à la vie plutôt courte. On est en plein dans l’atmosphère du prodigieux film de Jean-Jacques Annaud « le Nom de la rose » entre ésotérisme et cupidité et il est difficile de lâcher ce petit livre noir – thriller médiéval et religieux – basé sur la peur du diable et la crainte de brûler en enfer… On est en 1438 mais il y a déjà dans certains esprits les prémices des futures techniques policières pour tenter d’élucider les crimes en série qui sévissent au sein d’un monastère morvandiau isolé du monde. Et Sœur Clémence marche sur les pas de l’inspectrice Véra Stanhope, sans photos épinglées sur le mur, ni téléphone, ni Range Rover… mais avec un questionnaire en tête et des réponses qu’elle couche sur un parchemin en vélin qui sera d’une importance déterminante. Six nonnes tuées sans mobile en quatre semaines, cela confère à un (ou une) « sérial killer » et à tous les fantasmes possibles. Max Clanet ne se prive pas de ménager le suspense, et entre souterrains, cheminées mystérieuses, maléfices et bagarres sanguinolentes, il nous livre un roman haletant... jusqu’à la dernière flamme. »
« C’est un roman atypique car il se passe à l’hiver 1438 dans un monastère où plusieurs nonnes meurent de façons brutales et inexpliquées. Une des sœurs mène l’enquête de façon quasi-policière mais elle doit faire face à des croyances et superstitions sans oublier Satan, le malin et la peste qui sont présents dans les esprits. Le livre nous donne plein de détails sur la vie monastique avec toutes ses rigueurs quotidiennes, en plus de la famine qui touche tous les membres de cette communauté sauf le Père-abbé et la Mère Supérieure… Un très bon roman. »
*** Lapiaz de Maryse Vuillermet
(Editions du Rouergue. Sortie octobre 2025. 288 pages. Format : 14 cm x 20,5 cm. Prix : 21,50 €).
Le résumé. La montagne du Jura, 1977. Un jeune couple s’installe dans une ferme d’estive, dans une combe reculée, le Crêt à la Neuve. Tony, avec son accent étrange. Isabelle, dont le visage est balafré. Leurs voisins sont un vieux ménage d’agriculteurs, les Satin, dont un fils reprend l’exploitation avec son épouse, chasseuse de vipères à ses heures. Tout sépare ces paysans habitués à travailler dur dans un climat austère et ces hippies qui veulent tirer un trait sur leur passé. Pourtant, un attrait puissant va rapprocher ces habitants, curieux les uns des autres autant que remués dans leurs certitudes. Qui pourrait imaginer que les choses tournent si mal ? Dans un sublime paysage de lapiaz où prolifèrent les serpents, Maryse Vuillermet orchestre un drame dont les récitants chercheront longtemps à démêler les origines.
« C’est un livre qui nous raconte la vie de tous les jours – pendant deux ans – d’une famille d’agriculteurs qui voit arriver un groupe de marginaux près d’eux. Au fil des jours on assiste aux moissons, à la rudesse de l’hiver, à la belle fille qui chasse les vipères pour les vendre… C’est un huis-clos passionnant plein de détails sur la vie des agriculteurs du Haut-Jura. Un livre passionnant ! »
***Marseille de René Frégni et Frédérique-Marie Miñana
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Editions Cairn. Prix : 28,90 €. Un écrivain, une photographe font danser leurs émouvantes visions de la Cité phocéenne en un subtil flamenco de mots et de couleurs. Ce livre est une magnifique déclaration d’amour à Marseille, envisagée non comme une simple ville, mais comme un véritable pays, un territoire d’âme et de sensations. René Frégni, par ses mots, fait de Marseille une mémoire vivante, où l’on sent presque l’odeur des ruelles, où les femmes deviennent flammes, et où chaque ombre a une couleur. Son écriture semble presque tactile, sensuelle, amoureuse de la ville. Frédérique Marie Miñana, elle, traduit cette passion en images, en nuances de bleus, de gris et de blancs, qui ne sont pas seulement des couleurs, mais des émotions, des éclats de vérité sur la ville. Elle capte un Marseille à la fois rêvé et réel, une Cité qui brûle de vie, de beauté, d’histoire et de contradictions. Ensemble, texte et photo tracent un portrait sensible et vibrant de Marseille, comme si on lisait et regardait le cœur même de la ville.
*** Nuit et brouillard de Yves Fougères
(Editions Nouveau monde). 236 pages. Format Poche. Prix du Quai des orfèvres en 1948. Jamais réédité depuis la guerre. Sorti le 20 août 2025.
Le résumé. Roman d’espionnage dans l’Allemagne d’après-guerre, sous occupation alliée, Nuit et Brouillard suit le lieutenant Karl Weber, un officier SS évadé de prison, et le lieutenant Prieur, un agent français infiltré en Allemagne pour démanteler un réseau nazi clandestin. Le lieutenant Weber, après s’être évadé d’une forteresse française, rejoint un réseau nazi dirigé par le mystérieux « N° 7 ». Sous une fausse identité, il devient vendeur de produits chimiques tout en participant à des opérations clandestines, notamment en utilisant un émetteur radio pour communiquer avec ses complices. Weber est également impliqué dans une mission de contrebande d’armes et d’uniformes américains, qu’il surveille depuis une péniche sur le Rhin. Par ailleurs il entretient une relation avec une danseuse et agent du réseau, mais entre eux la méfiance règne. Nuit et Brouillard offre une vision saisissante des luttes clandestines et des sacrifices personnels dans le sillage de la défaite nazie.
« Une écriture fine et précise qui coule comme une aventure au long cours ; des phrases courtes et concises qui entretiennent le mystère avec une certaine élégance… On plonge dans cette enquête entre conspiration, contre-espionnage, et agents doubles visant à découvrir des caches d’anciens SS, et ce qui se trame avec d’anciens hauts gradés du système nazi en prison souhaitant reprendre les armes après la défaite de l’Allemagne du führer. On retrouve alors tous les sentiments qui ont dû habiter les militaires des Services secrets français à cette époque du double-jeu. Tromperie et manipulation sont présentes à chaque page. Ça flingue aussi très vite et en abondance. Il faut agir en ayant pris le temps de réfléchir. Voilà un excellent thriller où les vies ne comptent guère. On passe ou on trépasse. La chance n’a pas de visage. Belle idée d’avoir ressorti cet ancien Prix de 1948. »
« Ce roman est l’histoire d’un groupe d’anciens nazis évadés qui sont recherchés et pourchassés par les Services secrets français. Dès lors, chaque chapitre concerne soit un groupe soit l’autre, jusqu’à la traque finale où les Services secrets français gagnent malgré de nombreuses perte d’agents en cours de route. L’histoire révèle ainsi les différentes manières de tromper l’ennemi. Cela se lit facilement ; c’est un bon roman ! »
*** Alias Nina P. de Chloé Archambault
Editions Nouveau monde. Sorti le 20 août 2025. 384 pages. Prix : 9,90€.
Le résumé Dans un orphelinat de Moscou jusqu’à son adoption par deux officiers, Ekaterina Yegorova, 25 ans, étudie à Montréal, à l’université McGill, sous le nom de Nina Palester. Entraînée par ses parents pour devenir un agent des services russes, la jeune femme s’interroge sur le sens de cette vie de mensonges, jusqu’à ce qu’une première mission lui soit enfin confiée. Avec Yuri, son petit ami officiel, elle doit se rendre G7 près de Québec, afin de récupérer une clé USB. Mais l’américain qui doit leur remettre la clé tente de s’en débarrasser. Et le lendemain, une explosion fait plusieurs morts. Yuri disparaît dans le chaos ambiant, tandis que Nina parvient à s’enfuir. Mais de retour à Montréal, elle découvre que ses parents se sont aussi volatilisés…
« Ce livre est le premier roman de cette auteure québécoise et c’est une réussite. Voilà un roman d’espionnage entre la Russie et les Etats-Unis où d’emblée on est pris par un sujet qui nous tient en haleine jusqu’au bout. C’est un livre captivant et très plaisant à lire. »
Sortie le 12 septembre 2025
**** Traces de sang Une enquête de Nick Raider
(Tome 1) Polar de Gino D’Antonio (scénario) et Sergio Toppi (dessins). Collection : Fordis Tourments. Format : 22 x 30 cm. 96 pages N & B. Prix : 22 €.
Le résumé : Jacky Duvall n’a pas eu une vie facile, mais ce qui l’attend semble encore bien pire. Seule et fuyant le monde qui l’entoure, elle cherche refuge à New York, loin de la furie du cruel Levasseur et de ses acolytes. Mais pourquoi la recherche-t-il ? Qu’est-ce qui se cache derrière le voyage aventureux de cette jeune fille des marais de Louisiane ? Une tragédie inimaginable, mûrie depuis longtemps dans l’isolement, enveloppant les terres inhospitalières des Cajuns… Une tragédie sur laquelle Nick Raider ne pourra faire la lumière que grâce à l’aide de la coriace Sarah Himmelman et de ses coéquipiers habituels : Marvin, Jimmy et tous les « anges en uniforme » du District Central. https://blues-et-polar.com/
« Traces de sang » c’est une cavale folle qui nous entraine du bayou humide, chaud et moîte de Louisiane aux célèbres tours de Manhattan à New York, au cœur du Greenwich village si cher à Dylan et autres poètes ricains comme Bruce Springsteen. Mais une BD pour la pénétrer profondément, ça doit se lire d’une traite, sans pause, histoire de mieux savourer le scénario du quotidien ultra urbain de Nick Raider et les homicides à la pelle qui se déroulent à New York dans Manhattan avec les lois qui s’y appliquent. Et pas forcément les mêmes manières et approches que dans l’Ontario, l’Ohio ou le Texas… Et c’est là tout le talent du dessinateur Sergio Toppi qui illumine cette bande dessinée de toute sa maitrise, car le trait est fin, posé, dosé, et terriblement efficace. Simplicité et clarté d’abord avec un sens de l’observation inné chez ce grand observateur du milieu ambiant qu’est Toppi. Mais une deuxième lecture peut d’imposer dès le lendemain – comme dans Lucky Luke, La Marque Jaune ou Astérix – pour y retrouver les 5e ou 6es rôles, ces figures typiques de la mode des « seventies » avec des chemises à fleurs sorties du pantalon sur des physiques blancs ou noirs ventripotents, pétard façon Jimmy Cliff modèle « cornet de frites » en bouche, côtoyant des déesses blacks pulpeuses serrées dans des robes moulantes enfilées au chausse-pied ou des matrones afro coiffées comme Angela Davis, Roberta Flack ou Aretha Franklin. Et ce deuxième vestiaire (avec un v) est un vrai régal. Une enquête classique mais sanglante menée sur les chapeaux de roues que j’ai adorée. Sergio Toppi, un Miles Davis du crayon qui va à l’essentiel ! »
*** Le livre des prodiges de Olivier Cielchelski
(Rouergue noir). 256 pages. Prix : 21€. 
Le résumé. Nora a été reçue première au concours d’officier de police judiciaire. Pourtant, un an plus tard, elle est toujours simple patrouilleuse. D’ailleurs, au commissariat, elle n’est ni comprise ni acceptée. Et certains de ses collègues n’hésitent pas à chahuter les convictions de cette croyante fervente. Une nuit, alors qu’elle fait une ronde avec deux collègues, le vieux Djabri qui a grandi ici même, sur la presqu’île de Gennevilliers, dans les bidonvilles dont les zones portuaires ont écrasé la mémoire, et William, timide sous-brigadier tout juste arrivé de sa province, l’équipage découvre les victimes de ce qui est peut-être un accident, plus sûrement un crime. Convaincue que cette affaire est la sienne, Nora s’affranchit de l’autorité de ses chefs pour mener sa propre enquête, hors de tout cadre légal mais galvanisée par une nécessité qui la dépasse. Dans ce roman hypnotique, Olivier Ciechelski met en scène les habitants qui, aux marges des villes, mènent des existences dangereuses et secrètes, approchant des puissances insoupçonnées, déchaînant parfois des forces qui tiennent du prodige.
« Olivier Cielcheski écrit avec une écriture très dense et intense, faite de très longues phrases et de descriptions récurrentes jusqu’à une apocalypse finale du même tonneau. On est de plain-pied dans la condition féminine au cœur de nombreux métiers dont la Police, et de la corruption au sein des diverses de Police en toile de fond. Ajoutez à cela l’exploitation des migrants et migrantes, avec ce serpent mystérieux qu’est le mamba noir surgissant du néant pour resusciter un rituel de vengeur masqué. On est dans le plus que réel de la banlieue parisienne fluviale trop méconnue et dans l’imaginaire aussi… Un livre troublant. »
« C’est un livre aux allures de documentaire sur la traite des femmes africaines dans la banlieue de Paris ; là où l’on trouve toute la zone et des marginaux. Et cela donne un bon roman avec une enquêtrice plutôt « border-line » parfois qui navigue dans les sphères de l’occultisme et du vaudou. Mais c’est un livre plaisant, prenant et qui se lit facilement. »
**** Boulevard des rats de Patrick Coulomb
(L’écailler). Prix : 20€. 225 pages.
Le résumé. L’ex-éboueur Etienne Cataldese est devenu l’homme-lige d’un politicien possiblement corrompu surnommé « P2M ». Dans une ville imaginaire, Boccarone, soeur jumelle de Marseille, Cataldese prête main forte à l’enquête sur la disparition de Salomé Dagorne, responsable de la communication et chef de cabinet officieuse de P2M.
« Boulevard des rats » le titre du dernier Patrick Coulomb sorti à l’Écailler enfin ressuscité s’annonçait prometteur… et il tient toutes ses promesses. Car l’ancien journaliste des grands quotidiens marseillais, avec son écriture déjà teintée de rock post-punk à l’époque, fait courir sa plume en la trempant dans une encre marseillaise de la même veine que les « 3 jours d’engaste » du regretté Philippe Carrese, avec cette fascination commune pour la Méditerranée. Cette terre bleue et blanche comme l’OM, élément fédérateur, mais aussi rouge comme le sang qui coule à tour de bras dans ce polar qui dessoude sacrément et sans retenue, en utilisant un humour marseillais indémodable mais toujours en perpétuel renouvellement d’expression dès que l’occase se présente, comme cette immense salle « si grande qu’elle serait capable d’accueillir une colonie de gypaètes barbus… » Car ici à Boccarone, sœur jumelle fictive (?) de Marseille où l’enlèvement de l’attachée de communication du député Pierre-Marie Mercier sème le trouble dans le milieu politique, mais aussi audiovisuel, syndicaliste et même maçonnique… l’excès ne fait pas peur et est même recommandé. On navigue à vue entre officines discrètes, la mairie, le port, les syndicats et on voyage aussi de Marseille à Miami en passant par Genève et son cercle de jeu étoilé et la Thaïlande via des aller-retours express pour cause d’urgence, comme si la daube était restée sur le feu… Ça flingue à la pelle, ça sulfate et ça use même du couteau ; c’est selon ses moyens ! Bref, « faire le ménage chez les pourris, au pays de la corruption il n’y a que l’embarras du choix et ça ne peut qu’amener un peu de propreté dans ce bas-monde et à Boccarone en particulier » pensent les initiateurs en chef de ce carnage de meurtres en série, qui se haïssent mais se connaissent tous, et se fréquentent parfois quand l’intérêt supérieur de la nation et de leur patrimoine est menacé. Un régal que ce « Boulevard des rats » qui résume avec humour tous les travers de la Méditerranée, mais aussi l’amour que l’auteur lui voue depuis l’enfance, malgré un divorce à ses 17 ans dû à la musique des Kinks, Clash, Rolling Stones, et autres Ramones ou Sex pistols, des légendes du foot Georges Best et Paul Gascoigne, des légendes celtes incarnées par Glenmor et Alan Stivell… avant de revenir au bercail avec mélancolie, tendresse et poésie, comme du blues à l’âme émanant de la lumière irréelle de mare nostrum."
NOS 5 AUTEURS COUPS DE CŒUR BLUES & POLAR/COMTES DE PROVENCE 2025
**** Karine Giebel. « Et chaque fois mourir un peu » (1)
Prix : 22€. 504 pages. Editions Récamier .
Le résumé. Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde. De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l’Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l’égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit. Poussé par l’adrénaline, par un courage hors du commun et par l’envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques. Jusqu’au risque de trop. Jusqu’au drame... Ne pas flancher, ne pas s’effondrer. Ne pas perdre la raison. Choisir. Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant. Choisir. Endurer les suppliques d’une mère, d’un père. Certains tombent à genoux devant lui, comme s’il était Dieu. Choisir. Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n’a que peu de chances de survivre à ses blessures. Choisir. Et chaque fois, mourir un peu.
« Lui-aussi il entend des voix. Celles des milliers de morts et de blessés, mutilés, massacrés, violées qu’il a soignés en Bosnie, Colombie, Rwanda, Kosovo, Afghanistan… En enfer ! Car le paradis n’existe pas pour Grégory taillé comme une armoire normande, infirmier à l’hôpital de Digne-les-Bains (Alpes-de Haute-Provence) mais quasiment médecin pour le comité international de la Croix-Rouge (CICR) la plupart de son temps.
Lui-aussi, entend des voix ; celles de sa femme et de sa fille tuées dans un accident de voiture, à la sortie d’un virage en Ubaye… alors qu’il soignait des enfants et des prisonniers, près de Sarajevo à ce moment-là.
Et toutes ces voix résonnent et reviennent chaque nuit dans ce sommeil éveillé, comme une transe cauchemardesque ravagée par les coups de machettes, les explosions, et les brasiers faits de corps humains. Toute l’expression du Stress Post-Traumatique nourrie par l’adrénaline du secours à n’importe quel prix qui le guide. Sauver ou périr comme la devise des sapeurs-pompiers. Soigner sans distinction de race, de sexe, ou de religion comme la devise du CICR ! Le sourire des enfants pour seule récompense ! Voilà pourquoi il risque sa vie et demain il recommencera. Avec ces fantômes de plus en plus nombreux derrière lui et qui lui demandent pourquoi il ne les a pas sauvés, eux ! Alors, il y voit comme une malédiction, une menace, avec l’idée que sa femme et sa fille ne sont pas mortes par accident, mais par vengeance.
Ceux qui ont le cœur trop grand sont souvent tristes lui dit une femme sur un lit de douleur. C’est un voyage au cœur des catacombes de l’humanitaire et des misères du monde que nous livre ici Karine Giebel. Une sarabande macabre des cauchemars nés des catastrophes et des conflits du monde qui s’insinuent pernicieusement dans la mémoire de Grégory : à y perforer le disque dur du cerveau.
Car ces viols méthodiques et répétés sur les femmes et les fillettes dans tous les conflits ne sont pas le fruit de malades mentaux… mais UNE ARME DE GUERRE !!! Mutiler, détruire la femme, la rendre inutile ! Une arme de destruction massive pensée et réfléchie pour réduire à l’esclavage en raison du manque d’empathie des religions et des croyances ancestrales. C’est un livre d’une force inouïe qu’on lit en se mordant les lèvres souvent, loin du polar, mais au cœur de la psychiatrie tant pour les victimes que pour les soignants sans oublier les enfants-soldats qui resteront marqués à jamais. Un livre addictif qu’on grave en nous comme une scarification lente à guérir. Blood, sweat & tears et la voix de Clayton Thomas résonnent depuis dans ma tête…"
https://youtu.be/SFEewD4EVwU?si=z6dIhFHVRbzJ3i5r
« Ce roman est une nouvelle facette de Karine Giebel, loin de ses polars habituels. C’est un roman puissant, qui prend aux tripes, vous met les larmes aux yeux, mais par moment j’ai l’impression de lire un reportage sur Médecins sans frontière tellement c’est cash, brutal, si réaliste et effrayant ... mais c’est toute la violence dont l’homme est malheureusement capable sur tous les continents. Un livre perturbant qui tient en haleine néanmoins, mais on souffle à la fin de ce gros pavé de 500 pages où sont contenues toutes les douleurs du monde. »
**** Karine Giebel « Trauma(s) » (2)
Editions Récamier Noir. 760 pages. Prix : 36,99€. Sortie le 10 octobre 2024. Le résumé. Avec Trauma(s), Karine Giebel met un point final à son roman « Et chaque fois, mourir un peu ». Après des années sur le front sans arme ni gilet pare-balle, après des années à soigner les autres au péril de sa vie sous l’égide de la croix rouge internationale, après avoir pris de plus en plus de risques jusqu’au risque de trop, une autre guerre attend Grégory. Lors d’une dernière mission en Afghanistan les rôles s’inversent : les humanitaires deviennent des cibles. Après tous les combats qu’il a menés, Grégory va devoir sauver sa propre vie et celle de ses collègues…
« La folie ne rend jamais ses proies. Comme une descente aux enfers sans retour possible quand le cerveau se débat pour aligner les mots, Trauma(s) nous entraine dans l’odyssée de la guerre et de l’horreur au quotidien sur les champs de bataille du monde entier avec les disciples d’Henri Dunant et de la Croix Rouge internationale. Et Karine Giebel au travers de cette œuvre en deux « pavés » de poids (1300 pages au total) nous fait pénétrer lentement, années après années, dans le cerveau et les neurones de celles et ceux qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. Humanitaires sont-ils, médecins, chirurgiens, infirmiers et infirmières ; le logo du CICR pour sésame, de moins en moins respecté dans les zones de conflits. Afghanistan, Lybie, Syrie, Yémen, Casamance, Libéria, Rwanda, Congo, Kenya, Soudan, Tchétchénie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo… la liste est longue et mouvante et les passeports tapis de tampons jaunis aves le temps. Certains tachés de sang, de sueur et de larmes, blood, sweat & tears et un stress post-traumatique qui ne se dissipe pas. Car on ne ressort pas indemne de ces zones-là. Et la résilience ne se soigne pas avec du Doliprane !
Karine Giebel enfonce donc le clou très profondément, là où ça fait mal, dans la tête d’un monde où l’on envoie des fusées privées pour astronautes VIP dans l’espace, tandis que l’on décapite à l’ancienne avec des machettes longues comme le bras des ethnies hostiles au Rwanda, mais aussi des profs de français comme Samuel Paty ou Dominique Bernard agrégé de Lettres modernes poignardé à Arras au nom d’Allah dans notre propre pays : la France !
C’est alors un très long récit qui se mérite, débuté dans le premier tome en juillet 1992 au Kenya, qui va nous entrainer jusqu’au cœur d’un autre drame familial et personnel dans les Alpes-de Haute-Provence, jusqu’en août 2024.
Trente-deux passées au peigne fin de l’écriture, via toutes les horreurs de l’humanité que vivra Grégory infirmier de l’hôpital de Digne-les-Bains dont la vocation est d’être un « humanitaire » au service des blessés de guerre ou des cataclysmes.
Des massacres ethniques de l’ex-Yougoslavie, à l’enfer du Califat de Daesch assiégé à Mossoul en passant le drame de la Promenade des Anglais à Nice, l’Afghanistan mortifère des Talibans et ses otages français, sans oublier l’arrivée du Covid 19 jusque dans les services psychiatriques et l’Ukraine attaquée par la Russie de Poutine… le stress post-traumatique s’insinue sournoisement et insidieusement dans le cerveau de Grégory, frappant sans discernement, ni pitié, transformant le plus calmes en démons, car la folie ne lâche pas ses proies.
Il faut lire ce livre d’une puissance inouïe où Karine Giebel au beau milieu d’un phrasé tranquille fracasse soudainement les mots comme une cocotte-minute prête à siffler. Et à chaque fois mourir un peu… Un ouvrage impressionnant loin du polar habituel à la Giebel, mais si puissant. »
**** Carole Declercq. Embrasser mes étoiles
Editions La Trace. Sorti le 3/10 2024. Prix : 20€.
Le résumé. Inspiré librement de l’histoire de Rita Atria : courageuse jeune fille issue du milieu mafieux qui a pris la douloureuse décision de collaborer au début des années quatre-vingt-dix avec la justice, brisant ainsi la loi de l’omerta. Rita a vécu une enfance pleine de violence et de non-dits dans une famille différente des autres. Et pour cause : son père est le « parrain » d’une petite ville du centre de la Sicile. Autour d’elle, des hommes disparaissent, « bus par le soleil » ; les femmes sont des veuves impeccables qui portent avec orgueil l’uniforme du deuil ; les enfants sont des orphelins à qui l’on fait jurer vengeance dès le plus jeune âge. Lorsque le père de Rita est assassiné, le monde de la jeune fille s’effondre. Son frère, le seul homme encore vivant de la famille, est lui-même en sursis. Doit-elle se résigner à la mort ? Pour Rita, c’est hors de question. Au risque de faire voler sa vie en éclats, elle décide de mener sa propre vendetta. Elle va être soutenue dans sa démarche par le juge Paolo Borsellino. Mais on ne s’attaque pas impunément à la loi du silence…
« A San Vito Lo Capo incontournable »carte postale de la côte sicilienne" avec sa longue plage blanche, ses grottes, ses criques et ses eaux translucides sous un ciel d’azur, l’esprit de la resquille et du profit a depuis longtemps supplanté l’âme des poètes.
Ici, la douleur s’exprime différemment selon que l’on est homme ou femme. Car les femmes sont les gardiennes de la tradition, des us et coutumes, avec la Méditerranée pour toile de fond ; le noir du deuil pour teinte universelle de ce Sud baigné, rongé, raclé par le sel et le soleil.
Carole Declercq dépeint avec des mots justes, simples et ciselés, un univers particulier où cosa nostra, n’drangheta, la mafia, la pieuvre qui déploie ses tentacules partout dans la société, agit là sans crainte ni pitié comme des grands gosses maniant la terreur en signe de credo. Les femmes n’ayant que leurs yeux pour pleurer...
Rita, fille et sœur de mafieux est l’incarnation littéraire fictionnelle d’une authentique jeune Sicilienne qui a décidé un jour de parler à la police comme Témoin de Justice auprès d’un juge, comme le propose l’Etat italien depuis plusieurs années pour juguler toutes ces vagues de tueries récurrentes et cette infiltration nauséabonde jusque dans les pores de la vie quotidienne, tel un virus sans thérapie pour l’éliminer.
Avec ce livre remarquablement écrit, entre essai, documentaire et thriller, aux mots soupesés au plus juste, on suit le parcours de Rita, encore mineure, de sa déclaration au juge Borsellino à l’assassinat du célèbre juge Falcone explosé, atomisé dans sa voiture blindée avec ses gardes du corps, puis du juge Borsellino lui-même ; son mentor, qui avait reporté comme une filiation empathique envers elle…
Entre tragédie antique et réalité, Carole Declercq pénètre avec des mots aiguisés dans tous les maux d’une société vérolée et rongée jusqu’à l’os par la corruption, l’appât du gain, la magouille, au détriment de l’intérêt général.
Rita du haut de ses quinze ans n’a pas hésité à pousser la porte d’une Gendarmerie de village, au beau milieu de son trajet scolaire - se sentant menacée – pour devenir par devoir et courage, une Résistante de la Légalité. Mais accompagnée de facto par une Marche funèbre qui pourtant n’est pas destinée aux enfants.
Dans ce récit de fiction et de réalité Carole Declercq nous adresse un message frémissant empreint de tout ce que peut nous apporter la littérature : l’Education ! Seul remède homéopathique à la folie et la violence des hommes, puisque même les remèdes de cheval ne les achèvent pas pour autant. Un livre qui éclaire comme le soleil au matin sur les eaux bleues et denses de San Vito Lo capo. »
« Quel plaisir de lire ce livre ! Aussi bien pour son écriture où chaque phrase et chaque mot sont à leur place, toujours glissés en rythme et d’une manière percutante. Mais aussi pour l’histoire, et quelle histoire ! Celle de la Cosa Nostra où habituellement on ne regarde que les mafieux et les parrains qui tirent les ficelles et récoltent les fruits de leur organisation destructrice basée sur la menace, l’intimidation, la violence, le racket...
Mais là, Carole Declercq s’intéresse à leur entourage et à toutes ces femmes qui très jeunes portent le deuil. Et surtout aux enfants qui gravitent dans ce milieu très noir avec des assassinats sordides à la pelle, avec ces « morts bus par le soleil » car non-retrouvés. Et arrive l’histoire (bien réelle à Palerme mais modifiée pour la circonstance) de cette fille qui décide d’arrêter ce cycle infernal et annonce qu’elle va tout raconter à la Police. Mais Cosa Nostra veille, et à elle seule, sèmera encore plus de morts, jusqu’à sa propre mort. Un livre à lire absolument ! »
*** * Bruno Carpentier. « Arma Christi »
(Editions Melmac collection « esprit noir ». 296 pages, Prix : 18 €. Sorti le 25 mars 2025.
Le résumé Fin mars 2022. Ana Boyer, l’héroïne de La Source bleue, le précédent opus de Bruno Carpentier, est appelée au cap Canaille, entre Marseille et Cassis, où des cyclistes viennent de retrouver un corps sans vie, couvert d’étranges inscriptions. Les premiers indices orientent le parquet sur la piste d’un règlement de compte entre voyous marseillais. Cependant, en creusant les détails, la commandante de la Section de recherches de Marseille comprend vite que l’affaire dépasse les frontières de la cité phocéenne. Trafic d’êtres et d’organes humains, fanatisme religieux, quête de la vie éternelle, Ana Boyer va se retrouver plongée dans une enquête–maelstrom que l’auteur dépeint avec réalisme, prenant soin de nous faire partager la vie quotidienne des experts de la gendarmerie, confrontés à des missions de police judiciaire complexes et dramatiques. De Marseille à la Côte d’Azur il nous entraîne au cœur d’un réseau de trafiquants internationaux. Mais il traite aussi avec humanisme une problématique de notre temps, celle des enfants migrants qui traversent la Méditerranée de manière clandestine.
« La place du mysticisme et des rituels attenants né avec La Source bleue (2024) sont gravés dans l’ADN de Bruno Carpentier qui prend un malin plaisir à mélanger les genres, loin du très aléatoire principe du « cadavre exquis », mais au contraire en les imbriquant parfaitement avec logique, connaissance plus que parfaite du sujet… et humour ! Arma Christi nous entraine très vite dans une diagonale des fous via un road-movie de bord de mer au cœur de la Méditerranée, du Cap canaille à La Ciotat en passant par Marseille, Cassis, Saint-Tropez, puis en remontant vers Manosque et les Alpes-de-Haute-Provence, puis l’aérodrome varois discret de Vinon-sur-Verdon véritable Mecque du vol à voile, et l’encore plus discret domaine d’Aurabelle situé à deux pas du Centre à l’énergie atomique de Cadarache (CEA) à Saint-Paul-lez-Durance. C’est le début d’un jeu de piste pour retrouver trois adolescentes nigériennes de 13 ans enlevées, et au cœur de ce drame qu’est la migration des jeunes Africains et Africaines. Proies royales et sans défense pour les requins de tous poils d’Alicante, Barcelone, Cagliari, Naples, Rijeka, Zadar, Marseille… avec des oligarques russo-ukrainiens - réfugiés en France pour certains – aux manettes.
Objectif : le trafic très lucratif d’organes humains organisé avec une cruauté barbare sans nom pratiquée par des fêlés de Première classe. Polar sang pour sang que ce Carpentier-là qu’on lit en tournant les pages fébrilement et qu’on ne lâche pas facilement. Car l’enquêtrice hors-pair qu’est la commandante Ana Berger possède du répondant, un gros charisme, un sens de l’observation inné et aime foncer tête (parfois un peu trop) baissée. Et c’est pour ça qu’on l’aime ! »
*** * Audrey Sabardeil. « Cargo blues »
Éditions le Bruit du monde. 384 pages. Prix : 21€. Sorti le 3 avril 2025.
La mer et les gabians, voilà le décor planté de la Méditerranée ; à Marseille surtout ! La Corse et l’Italie pour témoins dans le lointain. L’Afrique déjà présente dès Noailles qui amène sur son marché coloré ses saveurs et ses parfums. Avec la Bonne Mère pour phare et protectrice bienveillante. Pastaga, figatellis, navettes de la rue Sainte et kalash comme quotidien et connivences de façades. Car sous le bleu azur se cache l’économie - plus tellement souterraine - du trafic de drogue. Et tous les quartiers jadis « tranquilles » sont désormais concernés. Un système qui avale et broie dès 7-8 ans, séchant l’école pour faire le « chouf » celui qui crie quand les « bleus » débarquent au milieu des tours… Marseille quartiers nord ; un ancrage, une fierté ! écrit Audrey Sabardeil. Marseille-centre quartier de misère, des camés jusqu’à en mourir, des murs noircis et des portes cochères crasses, matelas à terre, squats et marchands de sommeil. Marseille maritime comme un cargo plein de blues, entre deux rives, du Vieux-Port à Odessa, de l’Estaque à Alger avec des expressions bien métissées par les ans et les comptoirs, mariant l’arabe, le rom, l’albanais, et le marseillais pour faire le compte. Marseille fada, une ville de fous animée par un peu trop de passion. Une ville des excès et de la magouille des entre-soi comme pour le drame de la rue d’Aubagne (8 morts) mêlant négligence des politiques et des administratifs… Marseille misère, Marseille violence. Marseille mafia sans vergogne et sans pitié. Mosaïque du monde comme un puzzle de proxénètes de tous les pays, serbes, russes, albanais, ex-yougos dirigeant des réseaux de prostitutions, avec le crack pour moteur du futur ! Cargo blues nous entraine dans l’opération « place nette » destinée à raser les vieux quartiers insalubres pour y faire du neuf. Ultra neuf ! Peinture fraîche payée par l’argent sale des dealers, promoteurs, flics ripoux… la liste est longue. Un refrain, pas de fiction, déjà entendu en 1945 avec la rafle sur le Vieux-Port et la destruction du quartier du Panier qui a vu surgir de ses ruines peu après les bâtiments ventrus et cossus actuels. Au travers d’une histoire ordinaire, Audrey Sabardeill nous entraine via ce premier roman prometteur dans un vrai scénario à la Olivier Marchal. Un 3e roman réussi dont on tourne les pages avidement. La Méditerranée est un bon creuset pour nous raconter des histoires.
« Ce roman complètement dédié à Marseille est en fait un documentaire romancé. En effet, tout au long des pages on reconnait le Marseille du trafic de la drogue sous tout des aspects de la création à la livraison, le Marseille des magouilles politiques, immobilières et en tous genres...Et c’est le Marseillais lambda qui en fait les frais ! L’histoire tient complètement la route et on ne quitte plus ce roman très addictif dès qu’on a mis le nez dedans... Un très très bon livre ! »
*** * Michèle Pédinielli. « Un seul œil »
Editions de L’ Aube (noire). 256 pages. Prix 19,90€. Sorti le 24 janvier 2025.
Le résumé. Dans une ville défigurée par des chantiers gigantesques, le sol vacille sous les pieds de Ghjulia Boccanera : Dan, son âme sœur, est plongé dans le coma après un accident suspect, et la PJ niçoise est mobilisée par un événement dramatique qui touche l’un des siens, le commandant Santucci. La détective privée se lance alors dans l’enquête sur l’agression de son ami, épaulée par une tenancière de speakeasy de la mode, un agent de renseignement amoureux et une vieille chienne rescapée de l’enfer. Au milieu de ce tourbillon fou, s’élève la voix de Dan qui, lui, raconte une histoire d’amour et de mort...
« Elle jure comme un charretier en mode socca-niçard et pan bagnat miss Ghjulia Boccanera détective privée niçoise amoureuse de sa vieille-ville comme personne et titulaire d’une bande-son bien présente au creux de ses lignes, avec une préférence pour les airs jazzy mélancoliques tristes à pleurer, comme le Strange fruit de Billie Holyday et ses fruits cueillis par le Ku Kux Klan accrochés aux branches.
On s’y attache à cette ancienne journaliste qui enquête façon Nice-Matin avec ses vieilles connaissances chères à la Presse de proximité.
Voilà un polar qui sent l’Italie toute proche, car outre que ça dessoude, il y a de la pasta, de la sauce tomate écarlate et un amour immodéré pour le commissaire Montalbano. Ajoutez-y un gros zeste d’humour de d’esspressions à la San Antonio, bref il y a de la marrade dans ce truculent « Un seul œil » où il n’est pas toujours facile de suivre le déroulement des événements avec des flash-backs où on ne sait pas toujours qui parle. Néanmoins, c’est un excellent polar qui sent bon le sud et qu’il faut lire d’une traite pour ne pas perdre le goût de la pissaladière ou d’un bon verre de Bellet des hauteurs niçoises.
On est loin des polars nordiques aux fades harengs de la Baltique arrosés de vodka ou d’aquavit. Ici on vit… et on meurt aussi ! »
« Voilà un très bon polar dont l’intrigue se passe dans cette magnifique ville de Nice et l’auteure qui y est née ne se prive pas de descriptions foulillées et colorées sur cette cité où elle a grandi... J’adore l’humour caustique et les jeux de mots dont elle use, qu’elle place dans la bouche de sa détective privée Ghjuilia Boccanera. C’est une avalanche de mots bien sentis, en même temps que son ami nous raconte son histoire d’amour sur fond de galerie d’art. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qu’on dévore jusqu’à la dernière page. »
Michèle Pédinielli sera présente le samedi 30 août à la Rencontre littéraire du 21e festival Blues & Polar et dédicacera son livre « Cargo blues » Coup de cœur Blues & Polar/Comtes de Provence 2025.
MAIS AUSSI...
*** Morts suspectes à Belle-île de Pierre Pouchairet
Editions Palémon. 290 pages. Sorti le 5 juin 2025. N° 15 de la Série « Les Trois Brestoises ». Format Poche. Prix : 11,00€.
Le résumé. Dans ce nouveau roman policier breton, Pierre Pouchairet nous plonge au cœur d’une enquête sombre et palpitante à Belle-Île-en-Mer. Les policiers brestois ne se remettent pas du drame qui a coûté la vie à leur collègue Luna. Le lieutenant Isaac Le Floch, son compagnon, dépérit à vue d’œil. Pour l’aider à passer ce cap douloureux, sa cheffe, Léanne Vallauri, décide de lui attribuer un nouveau binôme en la personne de Manue Kerfourn, récemment affectée à Brest, et de les envoyer à Belle-Île-en-Mer enquêter sur la mort des époux Belloc, un couple d’octogénaires dont on a retrouvé les corps au pied de la falaise de Donnant. Suicides ou meurtres ? Le mystère est entier, d’autant que, même si tout le monde semblait les aimer, leur disparition arrange beaucoup de gens, à commencer par leurs héritières. Quels secrets ce couple d’îliens pouvait-il bien cacher ? Pierre Pouchairet nous entraîne cette fois dans un Cluedo grandeur nature, une enquête palpitante au cœur d’un écrin de beauté.
« C’est un livre de Pierre Pouchairet très télégénique que ce quinzième de la Série « Les Trois Brestoises » qui va d’ailleurs être sur nos écrans dans quelques mois. Un bon roman d’été à lire sur une plage Bretonne de préférence pour la température… L’enquête est prenante et la description de Belle-Ile -en-mer donne vraiment envie d’y aller faire un tour… » Muriel Gaillard
*** ARRÊT DE MORT de Jo Furniss
(Editions Hugo publishing. Collection Impact). Prix : 19,95 €. 432 pages. Sorti le 4 juin 2025.
Le résumé Arrêt de mort est un huis clos sur autoroute, original et efficace qui traite avec adresse les thèmes des réactions en chaîne et de l’effet papillon, dans une enquête où le temps se révèle être à la fois un allié et un ennemi. Jo Furniss est originaire de Grande-Bretagne. Elle a commencé sa carrière à la BBC où elle a été présentatrice de journaux télévisés, reporter et productrice à la radio. C’est un vendredi après-midi caniculaire. Le sergent Belinda « Billy » Kidd rentre de l’aéroport, déjà fatiguée par le décalage horaire. Accablée par la chaleur, elle se demande d’ailleurs ce qui pourrait bien lui permettre de se reposer. Sûrement pas la ménopause en train de grignoter le peu de confiance en elle qui lui reste. Sûrement pas la dernière affaire qui l’a littéralement traumatisée. Elle rumine toujours ses doutes quand elle se retrouve à l’arrêt sur l’autoroute, coincée dans un embouteillage monstre. Mais quand elle sort de sa voiture pour se dégourdir les jambes, elle découvre le conducteur de la berline voisine mort derrière son volant, une sorte de pic à brochette planté dans la nuque. Mais comment ? Car le tueur n’a pas pu quitter les lieux sans être repéré par les dizaines de témoins. Si l’embouteillage persiste, ils sont tous en danger. Si le trafic se résorbe, Billy perdra son suspect. L’horloge tourne, mais elle ne sait pas à quelle vitesse. Ils sont coincés sur l’autoroute avec un meurtrier. Pourront-ils l’identifier ?
« Tout se passe sur une autoroute où les véhicules sont arrêtés en raison d’attentats commis dans la ville la plus proche d’où ils se trouvent. Mais dans une des voitures à l’arrêt se trouve un mort. C’est là que débute l’enquête de cette policière qui empruntait l’autoroute. Tout le récit porte sur les interrogatoires de tous les propriétaires de véhicules à l’arrêt. Qui est donc l’assassin ? C’est un livre assez long à lire, mais on attend la fin avec impatience. »
*** LES BOUCHÈRES de Sophie Demange
(Éditions l’Iconoclaste). 320 pages. Prix : 20, 90€. Sorti le 23 janvier 2025.
Le résumé. À Rouen, dans ce quartier bourgeois, impossible de manquer la devanture rose des Bouchères. Depuis la rue, on peut entendre l’aiguisage des couteaux, les masses qui cognent la viande et les rires des trois femmes qui tiennent la boutique. Derrière le billot, elles arborent fièrement leurs ongles pailletés et leurs avant-bras musclés. Mais elles seules savent ce qui les lie : une enfance estropiée, une adolescence rageuse et un secret. Lorsque plusieurs notables du quartier s’évaporent sans laisser de traces, les habitants s’affolent et la police enquête. En quelques semaines, les bouchères deviennent la cible des ragots et des menaces…
« Avec ce premier roman Sophie Demange nous entraine dans l’univers fantasmé d’une boucherie « Haute-couture » de Rouen qui aurait pût être imaginée par Jean-Pierre Jeunet, Audrey Tautou et Agnès Varda. Nappes en Vichy roses sur les tables à l’appui et des fleurs pour apaiser l’ambiance de la chair tendre. Les Bouchères, c’est un mix de folie douce avec en toile de fond les violences faites aux femmes à qui certains mecs n’ont pas demandé l’autorisation de toucher et plus - jadis- même sans affinités. Ces trois nanas spécialistes de la viande rouge et blanche, artistes du couteau aiguisé pile-poil, et de la découpe de la hampe, du filet mignon, de la poire (le morceau du boucher), la cervelle et les testicules, (car tout est bon tant que ça se découpe) manient autant l’humour que l’humeur vengeresse. Et ces trois amazones ont toutes des ardoises à se faire rembourser ! Le billot placé au milieu de la Boucherie comme l’emplacement d’un rituel sacré va jouer son rôle d’exécuteur des œuvres rédemptrices et salvatrices pour ces reines du tartare fait-maison à la cave, coupé menu au couteau, voire de la tête de veau sauce gribiche avec cornichons dans le bocal... On se marre avec ces trois justicières bourrées de charme chacune à leur façon. De la punk à la femme mariée qui s’emmerde à la fille de l’ancien patron qui lui a légué sa Boucherie plutôt que finir en rôti…. Mais on le cherche toujours. Truculentes bouchères ! Une première fois très réussie Sophie ! On en re-Demange. »
*** DERNIER RECOURS de Mimosa Effe
Editions Nouveau monde. 304 pages. Prix ; 9,90€.
Le résumé Novembre 2019. Joan Mendes tue un homme. Pourtant, rien ne l’avait destinée à devenir une meurtrière. Rien, ou peut-être tout. À 29 ans, la jeune femme n’a jamais quitté le 93 et la cité Danielle Casanova où elle a grandi. Sa vie se partage entre sa passion pour le rock, ses amis et petites amies, son travail ennuyeux dans une grande enseigne d’ameublement. Mais, huit jours plus tôt, la tentative de suicide d’une salariée a déclenché un mouvement social. Rapidement, Joan est ciblée par la police, en raison de son passé et de ses liens familiaux. Autour d’elle, tout semble désormais lié : violence, trafic de drogue, corruption… Dans sa quête de vérité et de justice, elle se retrouve prise dans un engrenage inéluctable et découvre que les criminels ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Un roman noir rock et explosif.
« On est avec des jeunes de banlieue en Seine -Saint-Denis. Le 9.3 comme ils disent…Et ils espèrent que l’école va les sortir de cette banlieue et des quartiers. Mais très vite, ils décrochent pour aller vers la drogue. D’autres travaillent pour une chaine d’ameublement, mais ils se rendent compte qu’il y a une barrière. D’un côté ceux du 9.3, de l’autre les patrons et la drogue ! ET puis tout dérape. C’est un roman noir et social bien écrit et très réaliste. Un excellent livre. »
*** CE QU’ILS NOUS LAISSENT de Richard TABBI
(Editions Euderie) Prix : 17€. 304 pages. Sorti le 11 avril 2025.
Le résumé. L’argent ne fait pas le bonheur, parole de riche. C’est ce que pense Solo Paradise qui tire le diable par la queue, s’efforçant d’oublier un passé traumatique de vétéran. Il partage ses journées entre la pêche sur glace et le bar « Le Central » tenu par deux frères obsédés par la lutte des classes. Il fait de son mieux pour échapper à l’emprise des puissants, politiciens, hommes d’affaires, narcotrafiquants et fréquente volontiers les paumés, les désabusés et les musiciens de jazz. Un jour, il se trouve, selon la formule bien connue, au mauvais endroit, au mauvais moment. Sa vie va alors changer du tout au tout. Ce qu’ils nous laissent prend corps dans un monde qui n’est pas tout à fait le nôtre, mais qui lui ressemble furieusement. Roadbook déjanté, ce roman, né dans un univers urbain qui se délite, embarque le lecteur vers les Grands Espaces du néo western à une allure folle, à la rencontre de personnages tous plus étranges les uns que les autres ; cela jusqu’au terminus du mythique Grand Sud.
« C’est un livre divertissant qui se lit facilement avec des réflexions parfois « un peu brutes de décoffrage ». Je verrai bien ce roman devenir un film…. Il parle de deux mondes. Celui de ceux qui dirigent et décident. Et celui des laissés pour compte dont la drogue, l’alcool et les potes rythment la vie. »
** PERCER LA NUIT de Carole AGARI
(Editions du Rouergue Noir) Sorti le 2 avril 2025. Prix : 22€. 320 pages. Premier roman.
Le résumé. Six ans auparavant, Johanne a été condamnée pour homicide. Elle n’a que des souvenirs parcellaires de « l’accident » qu’elle a provoqué sous l’emprise de l’alcool et des psychotropes. A sa sortie de prison en libération conditionnelle, elle doit revenir dans la métropole où elle a grandi. En marge des grands chantiers, à l’image des précaires qu’elle côtoie, elle se bat seule pour gagner sa liberté pas à pas. Mais confrontée aux lieux de son passé et de son crime, où la guettent l’ombre d’une sœur trop magnétique et l’animosité d’un père aux passions troubles, sa mémoire la taraude. Et avec ses hantises et ses doutes, la menace d’une récidive. Que s’est-il vraiment passé six ans plus tôt ? Dans le décor d’une cité portuaire où le sauvage ne cesse de le disputer à l’urbanité.
« Ce roman démontre toutes les difficultés qui se présentent à l’encontre d’une personne ayant été emprisonnée et qui souhaite se réinsérer. Mais aussi les difficultés à essayer de se rappeler les circonstances de l’accident qui a coûté la vie à sa sœur. C’est un bon livre qui nous fait penser et réfléchir à la vie après la prison. Et rien n’est simple ! »
*** LA TAUPE DE L’ÉLYSÉE de Frédéric POTIER
Sortie le 14 mai 2025. Editions L’Aube noire. Prix : 19,90€. 290 pages.
1954. La fin du match à couteaux tirés entre l’Indochine et la France se doit d’être sifflée en terrain neutre à Genève, car la France s’enlise dans cette guerre de fin d’empire colonial irrémédiablement perdu au fil du temps qui passe. Loin des yeux… loin du cœur ! Mais la politique n‘abandonne pas facilement sa grandeur impériale fut-elle Républicaine. Doit-on envoyer de jeunes appelés du contingent combattre sur cette terre si lointaine après avoir été vaincus à Dien Bien Phu ? Le gouvernement de la IVe République s’affronte via des similitudes actuelles avec trois blocs (Extrême Droite, Sociaux-Démocrates et le Parti communiste supporter des Rouges collectivistes indochinois) qui distillent des rumeurs, dont une particulièrement persistante prêtant des soutiens à Moscou au somment de l’Etat. Visé en l’occurrence, un certain François Mitterrand ministre de l’Intérieur à l’époque.
Écrit comme un feuilleton radiophonique des années 50-60, du style « Ca va bouillir » ce 4e livre de Frédéric Potier nous embarque dans la plus grande affaire d’espionnage des années 50 en France sur un ton très exigeant et précis sur les faits, mais ouvert aux potins de l’époque comme les fameuses clopes à répétition d’Edgar Faure fumeur invétéré, les ressorts scabreux du matelas de François Mitterrand et de Catherine Langeais (la speakerine conquise de la Télé en noir et blanc) sans oublier le « fil rouge » fictif et charmant de Françoise Giroud grande journaliste patronne de L’Express pour romancer le tout. Avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie Compagnon de la Libération, créateur du journal Libération en grand timonier affidé au Parti communiste malgré sa particule à rallonge.
Trahison or not trahison au sommet de l’Etat autour de Pierre Mendès-France ? Frédéric Potier en effectuant un travail de fourmi au sein des Archives françaises nouvellement ouvertes nous questionne aujourd’hui en rapportant certains propos de l’époque. Est-ce trahir que de vouloir informer les citoyens sur les intentions du gouvernement ? La question est posée le 7 mars 1956 au Tribunal militaire et sera développée et analysée au cours d’un procès confus qui se terminera en « eau de boudin » avec des peines qui n’atteignent que des lampistes dont un journaliste de Libération espion-double mangeant à tous les rateliers, un haut-fonctionnaire étourdi qui sera promu plus tard… Bref, la rumeur n’a pas réussi à faire tomber le régime en place et François Mitterrand qu’on croyait un moment au fond du trou connaîtra finalement un destin exceptionnel par la suite. Beaucoup de papier vendu en somme par les journaux de l’époque car il n’y avait qu’une chaine de télé balbutiante, ni téléphone portable, ni internet, ni réseaux sociaux. Seuls, L’Aurore, le Figaro, l’Humanité, France Soir, Le Parisien… étaient dans les kiosques et à la sortie du métro. En fait, c’est la Presse qui a récupéré les fruits de ces « fuites ». Un livre fouillé, net, précis et très plaisant à lire.
**** CEUX QUE LA NUIT CHOISIT de Joris GIOVANNETTI
1er roman (Editions Denoël) Sorti le 2 janvier 2025. 480 pages. Prix : 23€.
Le résumé « Qu’est-ce qui le rattachait à l’île ? Une forme diffuse d’amertume, l’impression que la vie ailleurs serait beaucoup trop bruyante et rapide, la peur d’une solitude soudaine qui le mêlerait aux visages de milliers d’anonymes. » Originaires de Haute-Corse, les frères Cristini sont étudiants à Corte. Membre actif d’un syndicat nationaliste, Raphaël entretient une relation amoureuse qu’il garde secrète, inquiet du jugement qu’elle pourrait susciter. Son aîné, Gabriel, s’isole avec ses livres de philosophie. Il a rencontré un soir Cécilia et depuis, le souvenir de son visage est la seule lueur dans la nuit d’angoisse qui le recouvre. D’Ajaccio à Corte, d’Aléria à Nice, Joris Giovannetti dépeint une jeunesse corse qui rêve d’absolu dans un monde étriqué. Porté par une écriture ample et empathique, taraudé par le doute métaphysique, le récit d’apprentissage tourne au roman noir à mesure que se révèlent la violence du destin et l’indifférence, là-haut, des anges.
« Il faut parfois savoir attendre, au creux des lignes d’un livre qui semble s’éterniser, que la lumière arrive d’un coup. Et que le regard sur les événements du siècle entier qui vient de s’écouler sur 400 pages devienne différent.
Car le philosophe Nietzsche est au cœur de ce premier livre prenant de Joris Giovanetti et il n’y a rien d’étonnant donc que ce roman soit philosophique, politique, militant, historique et polar à la fois, s’étalant de 1914 à 2018.
En effet, l’auteur de Ainsi parlait Zarathoustra voulait vivre à Corte connue pour sa grande et unique Université de Corse. Ses pensées illustrent donc les différentes parties architecturales de cette œuvre forte qui oscille entre mélancolie, tristesse, joies pastorales et de bistrot sur une ile revêche comme la Corse, faite de sentiments contradictoires entre amour du pays et petits arrangements entre amis, foncièrement parlant et financièrement aussi, notamment dans l’immobilier.
Avec sa plume généreuse, volubile et longue en détails, Joris Giovanetti brosse un portrait de l’Île sur un siècle, de la guerre 14-18 et ses fracas de bombes et de chair humaine explosant les jeunes appelés corses du contingent dès leur arrivée sur le continent jusqu’à aujourd’hui au temps des magouilles ; entre anges et démons !
Avec toutes ces femmes voilées d’un noir profond et d’un deuil perpétuel qu’elles ne quitteront plus, parce que « c’est comme ça » … Et toutes ces choses de la nuit quand les démons se tapissent dans les bars, les discothèques de plage et même à l’Université de Corte. La politique insulaire, les mafieux taiseux, le nationalisme de soi-disant bon aloi qui camoufle bien des dérives, la coke qui circule entre le rosé d’Aléria et les plateaux de charcuterie corse pour appâter les touristes…. Et la musique des Doors qui épouse les lignes des Départementales sinueuses où des vaches se baladent en liberté la nuit, semant des croix au détour d’un virage surplombant la mer… Break on through to the other side chantait Jim Morrison en 1971 dans l’auto-radio à cassettes tandis qu’une voiture pleine de vies et d’alcool plonge dans un ravin de mort. Tu sais que le jour détruit la nuit, la nuit divise le jour, j’ai essayé de courir, j’ai essayé de me cacher, passer de l’autre côté, passer de l’autre côté, passer de l’autre côté… »
Ceux que la nuit choisit est une analyse de la jeunesse corse balayée par le doute depuis toujours. Comme la litanie des noms gravés sur les monuments aux morts « pour la France » de 14-18 jusque dans les petits villages. Il y a du Pierre Lemaître dans les lignes de Joris Giovanetti évoquant Verdun. « Une gigantesque lumière se dévoile devant lui et l’emporte au bras d’un ange dans l’éternité dont il ne sait rien pendant que les fragments de sa chair se répandent dans la terre. Il ne se sait même pas parti… Ainsi choisit la nuit. »
*** MONACO CONFIDENTIAL de David D’EQUAINVILLE et Pascal HENRY
(Nouveau monde Collection Sang-froid). 240 pages. Prix : 9,50€. Format Poche. Sorti le 16 avril 2025.
Le résumé. Oleg Chestov, milliardaire russe originaire de l’Oural, a fait fortune sur les décombres de l’URSS et le cadavre de son associé. L’homme a fait main basse sur une principauté nichée au cœur de l’Europe, en rachetant son club de foot et en s’assurant la soumission du prince régnant. Parmi ses autres faits d’armes, la vente du tableau le plus cher du monde, le dernier Léonard de Vinci disponible. Avec le président américain dans sa manche et le soutien du Kremlin, Chestov se voit déjà en Tsar. Mais la guerre en Ukraine va bouleverser ses plans. Entre la menace des sanctions qui le priveraient de son magot et sa révérence à la mère patrie, le jeu prend des allures mortelles. * Pascal Henry est journaliste et réalisateur de « Pièces à convictions sur France TV. NDLR : pour qui suit le football professionnel de près, l’AS Monaco est bien dans le viseur…
« Dans ce livre, on apprend comment un oligarque russe doit se démener pour faire fructifier et - surtout - conserver son argent. Comment faire alors pour pactiser avec les différents gouvernements de plusieurs pays… lorsqu’on réside à Monaco ! Doit-on avoir de l’empathie ou de la compassion ? Un questionnement non sans danger… »
*** MORTS SUR ORDONNANCE de Mathieu NEU
(Editions du Lys bleu). Prix : 19,90€. 168 pages.
Le résumé. Morts sur ordonnance est une saga palpitante au cœur de l’incroyable destinée de Masha, Frank, Jeff et Gunther. Quatre vies aux antipodes, unies par un tourbillon de drames et d’espoirs. Entre une médecin dévouée, un ancien détenu en quête de rédemption, un millionnaire déchu et un serveur aux prises avec la précarité, les rebondissements vous tiendront en haleine. Au fil des pages, révélations bouleversantes et secrets insoupçonnés éclairent leurs chemins, dévoilant une intrigue captivante, où chaque moment est une surprise.
« Parfois quand je regarde les Actualités à la télévision, je me dis « C’est exactement un livre que j’ai lu ». J’espère que ce livre de Mathieu Neu restera bien un roman de papier car il y est question de malades hospitalisés et de traitements qui coûtent de plus en plus cher, et sont finalement contrefaits un jour ou l’autre dans de nombreux pays. L’hôpital devient ainsi de plus en plus une entreprise au fil du temps, et doit rapporter de l’argent. Mais est-ce que ce roman n’en est déjà plus un ? Il y a déjà comme un air de vérité dans ces lignes… »
**** LES FEMMES DANS LE RENSEIGNEMENT (N°1)
(Editions Mareùïl). Prix : 21€.
Ce tout premier numéro de la Revue de recherche sur le Renseignement nous plonge dans l’univers fascinant des « femmes espions » et nous fait découvrir comment celles-ci ont marqué l’histoire du renseignement à travers des articles de fond très documentés, des portraits saisissants, mais aussi de nombreux autres dossiers. Les différents chercheurs et auteurs de cette revue proposent une analyse à la fois des mécanismes de l’engagement féminin, des facteurs historiques de ce basculement, ainsi que des enjeux d’un renseignement au féminin en émergence. Sans omettre l’exploration des clichés tenaces dont les « femmes espions » font l’objet de longue date. Les portraits de figures marquantes, telles Etta Palm (Révolution française), Louise de Bettignies (Première Guerre mondiale), Lydia Oswald ou Jeanne Georgel (Seconde Guerre mondiale), donnent chair à ces réflexions et à cet espionnage au féminin tout aussi riche que complexe.
« Un ouvrage d’une immense richesse politique et culturelle qu’il faut lire doucement comme on picore dans une boite de chocolats de Pâques en sursis… car il y a tellement d’anecdotes, de précisions et d’informations totalement méconnues qu’on a besoin de les savourer tranquillement pour les imprimer dans notre mémoire. Un numéro de référence outre d’être le n°1 d’une Revue de grande qualité historique et esthétique. »
*** UN SANG D’ENCRE de Vincent EJARQUE
(Editions Nouveau monde) Prix : 10,50€. Sorti le 16 avril 2025.
Le résumé. 1983, sud-ouest de la France. Un couple et ses enfants sont victimes d’un effroyable massacre qui a tout d’un règlement de comptes. La région, comme l’intégralité du pays, est secouée depuis des années par la crise économique, son cortège de licenciements et ses grèves à répétition. Le patron du quotidien local demande à Cadalen, un journaliste descendu de Paris pour assister aux funérailles d’un camarade de régiment, de prendre en charge l’enquête pour épauler sa rédaction. Son travail d’investigation le confronte rapidement aux feux mal éteints de la guerre d’Algérie comme aux cicatrices profondes remontant à l’Occupation allemande. Les intimidations et les menaces à son encontre ne tarderont pas, dès que certains notables locaux commenceront à se sentir visés. Flegmatique autant que désabusé, Cadalen considère que ça fait partie du boulot. Se faire tirer dessus, en revanche...
« Pour enquêter sur le massacre de toute une famille un journaliste doit remonter le fil de l’histoire de la Guerre d’Algérie et de l’Occupation. Et pour cela ouvrir la boite de pandore. C’est un livre avec beaucoup d’anecdotes sur la fin de cette Guerre qui ne disait pas son nom et sur la venue des pieds-noirs sur le continent avec la façon dont la République française les a traités…C’est un bon roman à la fois historique et policier. »
*** IL FAIT NUIT CHEZ LES BERBÈRES de Mohamed NEDALI
272 pages. Prix : 21 €. Sortie le 7 février 2025. Editions de l’Aube.
Le résumé À travers le parcours d’Omar, c’est toute une jeunesse endoctrinée par le salafisme qui est ici racontée. Omar est un jeune Berbère vivant dans un petit village isolé du Maroc. Comme beaucoup de jeunes, il décide de partir pour la ville, espérant y trouver richesse et confort, mais seuls les bidonvilles l’accueillent. Il finit par attirer l’attention d’un salafiste haut gradé, qui l’enrôle et lui remplit la tête de ses préceptes radicaux. Quatre ans après son départ, Omar revient dans son village avec un objectif : convertir à son tour celui-ci et mettre fin aux traditions millénaires de la communauté berbère. Alors que la nuit assombrit peu à peu le cœur et l’esprit de la majorité des habitants, d’autres ne se laissent pas faire. Comme la belle Zineb, celle qui illumine tous ceux qu’elle côtoie. Comme Mère Nature, qui met de l’ordre en créant le chaos !
« Ce livre est à la fois un roman et un documentaire, car derrière l’histoire de ces familles berbères du Haut-Atlas, il y a la transformation de ce jeune du village qui ne savait ni lire, ni écrire, mais qui a été pris en charge par un imam salafiste. Et qui lui a inculqué les règles de la charia pour « prôner la bonne parole » au sein de la population de son propre village. Jusqu’où peut aller la bêtise humaine pour changer des hommes et des femmes vivants simplement et sereinement leur vie tranquille… »
**** 13 JOURS ET 13 NUITS Dans l’enfer de Kaboul du Commandant Mohamed Bida
Éditions Denoël. Prix : 20€. 265 pages.
Le résumé. « Quand tout a échoué, il faut tenter l’impensable... » Le dimanche 15 août 2021, les talibans entrent dans Kaboul, s’emparent du palais présidentiel et du pouvoir. C’est la fin de l’espoir pour des millions d’Afghans épuisés par quarante années de guerre. Ils sont des milliers à fuir vers l’aéroport, tandis que d’autres tentent leur chance auprès de la dernière mission occidentale restée ouverte, l’ambassade de France. Seuls, le commandant Mohamed Bida et dix policiers d’élite assurent encore la sécurité du site. Pris au piège avec 500 personnes à évacuer, alors que les scènes d’apocalypse et de chaos se multiplient dans la capitale, ils redoutent la menace terroriste au sein même des murs de l’ambassade. Mais le temps manque, les plans d’évacuation échouent les uns après les autres et le commandant Bida doit se résoudre à négocier seul avec les talibans et leur branche terroriste. Commencent alors 13 jours et 13 nuits sans sommeil pour ces policiers chevronnés, livrés à eux-mêmes, qui ne peuvent plus compter que sur leur courage et leur intelligence pour sauver ces hommes, ces femmes et ces enfants - les conduire vers la liberté, au péril de leur vie, jusqu’à l’aéroport où les attend une nouvelle mission plus éprouvante encore. Au cours de ces 13 jours et 13 nuits, les policiers, diplomates et militaires de la mission française en Afghanistan ont sauvé 2 834 personnes. Un récit héroïque, qui est aussi une leçon d’humanité et de résilience.
« Ecrit sur un rythme haletant que l’on adopte très vite au fil des pages, ce récit d’un homme qui a participé activement à l’évacuation de 500 personnes piégées à Kaboul à l’annonce du départ des Américains, prend aux tripes. Car comment négocier avec des fous (le fussent-ils d’un Dieu…) au point de se faire exploser soi-même, bourrés de Captagon, pour devenir un martyr déchiqueté en lambeaux qui serait attendu au paradis par un wagon de vierges… Quels mots employer pour arriver à ses fins comme a su le faire Mohamed Bida face à des hommes totalement dénués d’humanité ? Natif de Hem (Nord) celui est devenu responsable adjoint à la Sécurité intérieure auprès de l’ambassade de France à Kaboul a débuté dans la vie comme employé à La lainière à Roubaix et il y a eu le temps d’éprouver le problème de se prénommer Mohamed dans les années 60 face des policiers de base cherchant un bouc-émissaire… et il en a payé le prix cher, lui fils de Harki ayant travaillé pour la France, avant d’être finalement totalement blanchi, et honoré pour bravoure par un haut-gradé empreint de justesse et d’humanisme. Ironie du sort ; on est le 16 août à Kaboul et le commandant Bida sera à la retraite le 31 août ! Après tant d’années au service de la France ! Mais l’homme agit avec la loi et l’esprit de la loi. Cette théorie du Droit français qui n’a pas sa place à Kaboul, dans un pays considérant les femmes comme du mobilier, à l’instar de l’esclavage jadis… Et pour avoir lu ce livre poignant dans le même temps que la série de France 2 il y a une complémentarité rare qui apporte des images fortes à la lecture et inversement. Jusqu’à l’apocalypse de la haine vorace et furieuse du 26 août avec l’explosion tant redoutée de kamikazes dans la foule : 200 morts et autant de blessés ! Un carnage, puis une 2e explosion le 27 août à quelques heures de l’ultimatum fixé par les Talibans. La tragédie afghane s’est jouée sous les étoiles à minuit interprétée sauvagement par les fous d’Allah tandis que les Américains rentraient à la maison.
L’inconnu qui a négocié seul avec les talibans et sauvé des centaines de vies pouvait prendre sa retraite ce 1er septembre 2021. Après le fracas des armes venait le temps des cauchemars et des réveils en sursaut, cœur battant et stress post-traumatique toujours là. 1er septembre 2021, un matin presque ordinaire où Mohamed Bida cherche encore quelqu’un qui manquerait à l’appel. Un livre précieux pour la mémoire ! »
*** OLDFOREST de Pierre-Yves TOUZOT
Sortie le 17 avril. Editions La Trace. 385 pages. Prix : 22€.
Le résumé. Dix ans après le décès de sa compagne Déborah dans un accident de voiture, Anton Reed revient sur les lieux du drame à Oldforest, parc national de l’Ouest canadien réputé pour sa forêt originelle. Quand il croise dans le seul village des environs une jeune femme qui lui ressemble, il refuse de repartir sans obtenir des réponses. Il se lance alors à la recherche de la vérité, une quête obsessionnelle qui l’amènera à se confronter aux membres de l’étrange Communauté locale et à percer les secrets de leur mystérieuse Forêt…
« C’est une histoire qui se passe dans l’Ouest canadien avec des paysages et des ambiances tellement bien décrites, que l’on a presque froid en parcourant ces lignes. La recherche d’un homme l’amène dans une forêt originelle, et ici une part de fiction arrive et nous passionne intensément. C’est un très bon livre et je lirai volontiers les suites prévues… »
*** MORT D’UN COMIQUE de GEORGES BARAX
(Editions Hugo Stern).
Le résumé. « Mort d’un comique », titre à la Une Corse-Matin en pleine saison estivale, précisant dans son article que le corps sans vie du célèbre humoriste Nils Landier a été retrouvé dans une crique, la gorge transpercée par la flèche de son fusil harpon. Trois ans plus tard, alors que l’affaire vient d’être classée, le duo complexe et atypique que forment Mélanie Guérin, détective privée et Léo Petit, son assistant, reprend l’enquête, mandaté par la famille du défunt. Accident ou meurtre ? L’action nous transporte de la région parisienne au golfe de Valinco, en Corse du Sud, à la recherche de la vérité. Marco Dulac, l’ancien partenaire de scène du défunt dans le duo « Les Faux- frères » est suspecté. Émotion, suspens et humour se côtoient dans cette comédie policière douce-amère aux personnages attachants.
« Un plongeur retrouvé mort dans une crique corse son harpon dans la gorge. Là est le début de l’enquête de cette détective privée qui veut savoir s’il s’agit d’un accident ou d’un meurtre. Dès le début du livre, on est complètement transportés et harponnés par l’envie de savoir, et on tourne les pages avidement en attendant de découvrir la vérité. Un bon livre qui se lit rapidement. »
*** DANS LA FORÊT DU CROQUE-MITAINE de Ivar Leon MENGER
Traduit de l’allemand par Justine Coquel. Editions Belfond noir. Sortie le 20 mars 2025.
En tête des listes des meilleures ventes en Allemagne, Ivar Leon Menger compte parmi les grandes voix du thriller psychologique angoissant. Oserez-vous encore vous promener dans les bois ? Le résumé. Voilà dix ans qu’un petit village de l’Odenwald essaie d’oublier ce nom. Jusqu’à ce soir de mai 1986 où un garçon disparaît à la fête foraine, réveillant les frayeurs passées. Qui est ce mystérieux ravisseur ? Pourquoi n’a-t-on jamais retrouvé sa trace, ni celle de ses victimes ? Déterminé à résoudre l’affaire qui a hanté sa carrière, le commandant de police retraité Hans J. Stahl reprend l’enquête. Pasteur énigmatique, enfant qui attire à lui les lapins, directeur d’une clinique psychiatrique aux pratiques douteuses, infirmière trop zélée... Dans ce lieu isolé, les profils suspects ne manquent pas. Pour l’ex-commandant Stahl commence alors une intense et imprévisible partie de Cluedo. Mais le temps presse. De son repaire, le croque-mitaine guette. Et il s’apprête à frapper de nouveau.
« Il suffit d’ouvrir ce livre et on est tout de suite dans l’ambiance de la fête foraine, avec cet enfant qui suit cet homme…et là tout s’enchaine ! Tout est glauque et malsain avec un hôpital psychiatrique, des habitants qui ont tous quelque chose à cacher et cet inspecteur de police à la retraite qui a promis de découvrir la vérité. Un très bon livre. »
BD
**** LES 4 SAISONS DE LA RÉSISTANCE, L’automne de Nicola
Fordis éditions - En librairie le 28 mars 2025. L’histoire de la résistance italienne, pendant la seconde guerre mondiale. Scénario : Stefano Ascari. Dessin : Roberto Baldazzini. Le résumé.

Les 4 saisons de la résistance est une tétralogie qui raconte l’histoire de la Résistance italienne pendant la Seconde Guerre mondiale à travers quatre personnages, le partisan Diego, la paysanne Silvana, le traître Nicola et l’adolescente Bianca. Les récits évoquent la période allant de l’hiver 1944 à la libération nationale le 25 avril 1945, tout en abordant les thèmes de la clandestinité, de la résistance civile, de la trahison et du traumatisme de l’enfance en temps de guerre. Chaque volume, inspiré par l’histoire familiale du dessinateur, se termine par un dossier historique richement documenté. La Résistance italienne est la dernière à naître en Europe. Elle ne dure que vingt mois durant lesquels les quatre saisons s’imposent à des moments cruciaux de son développement. En peu de temps, elle réussit à se structurer et à combattre efficacement les nazis et leurs alliés fascistes, grâce à une tactique de guérilla. Après L’Hiver de Diego (paru en novembre 2022), L’Été de Silvana (paru en décembre 2023) voici le n° 3 L’Automne de Nicola. Après avoir été blessé dans une rafle, puis soigné dans un hôpital clandestin, Diego part avec quelques compagnons à la recherche de son groupe de résistants. Au cours de son voyage vers Montefiorino, il rencontre Nicola, un fasciste en fuite qui cherche à s’infiltrer dans les formations partisanes pour passer du côté́des vainqueurs. Lors d’une action militaire de guérilla, Diego capture son père, un hiérarque fasciste. Cette situation le place devant un choix très difficile qui le conduira à mettre sa vie en danger et le liera, dans un jeu de chantage croisé, au destin du traitre Nicola.
« L’ambiguïté des consciences et des positions changeantes au fil du vent en période de guerre, fait chez certains, passer de la vaillance à l’indifférence, jusqu’au au retournement de veste complet !
Car il y a toujours des situations invraisemblables et contradictoires qui finissent par se produire un jour ou l’autre - souvent intra-familiales - avec des parents, frères, sœurs, cousins... dans un camp comme dans l’autre. Ce qui se produit de nos jours en Syrie notamment…
L’occupation allemande nazie en Italie et la Résistance qui s’y est organisée tardivement est une période méconnue en France, et ce très beau roman graphique en quatre tomes – et 4 saisons - nous explique, vu de l’intérieur ce qui s’est passé entre résistants animés par la même opposition antifasciste, mais pas forcément du même idéal. A savoir, les Blancs (partisans chrétiens d’obédience catholique) et les Rouges (communistes) ne jurant que par le jugement instantané. On tire, on réfléchit après ! Dans ces conditions, revoir au cinéma les nombreux Don Camillo avec les confrontations animées entre Peponne le truculent maire communiste du village et le curé (Fernandel) est une leçon d’histoire italienne avec les femmes remplissant l’église pendant que les hommes les attendaient au café. Dans cette très belle BD en noir et blanc, et aux illustrations documentées d’époque, toute la violence de la guerre transparait par des traits de crayon évoquant la trahison, le stress, les traumatismes sur l’enfance… « Cette connerie la guerre » comme disait Boris Vian, est résumée par les textes de Stefano Ascari et les dessins de Roberto Baldazzini. Un vrai livre d’Histoire… carrément ! "
**** LA PHOTOGRAPHIE de Pierre COURREGE
Éditions Nouveau Monde. Collection Sang-froid. Sorti le 13 mars 2025. Prix : 9,50€ (format pocket) 208 pages. Le résumé.
1947. le SHAY, service de renseignement de l’armée secrète sioniste Haganah, traque dans toute l’Europe les criminels de guerre nazis en fuite vers l’Argentine. Le plus célèbre d’entre eux, Adolf Eichmann, reste introuvable et personne ne sait à quoi il ressemble. Manus Diamant, un agent du Shay au charme insolent, est missionné pour se procurer une photographie d’Eichmann, afin de l’identifier et le capturer. Pour cela, il va devoir approcher son épouse et ses enfants, placés sous surveillance de la CIA à Altaussee, bucolique bourgade des Alpes autrichiennes. Sur fond de négociations internationales pour la création de l’État d’Israël et tandis que se dessinent les rapports de force de la guerre froide, Manus Diamant mène sa mission en toute illégalité entre zone américaine et zone soviétique, et fait la connaissance de la troublante ex-maîtresse d’Eichmann. * Réalisateur et scénariste, Pierre Courrège a signé le scénario de La Prisonnière de Bordeaux, long-métrage avec Isabelle Huppert et Hafsia Herzi, en sélection officielle à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2024. La Photographie est son premier roman.
« C’est un très très bon roman, qui plus est, totalement d’actualité, avec les manifestations actuelles contre le racisme… et les juifs ! En effet, ce livre de Pierre Courrège raconte la traque des criminels de guerre allemands par les services secrets israéliens jusque dans le monde entier. Et notamment Adolf Eichmann. En lisant ce roman on est vraiment pris par l’histoire avec tous les détails de ces arrestations qui nous tiennent en haleine. A lire absolument ! »
**** IN EXTREMIS de Anouk SHUTTERBERG
Sortie le 13 mars 2025. (Thriller) Récamier Noir. 400 pages. Prix : 20,90€.
Le résumé. Entre pics enneigés et tueur sadique, un nouveau thriller sous haute tension dans le milieu des sports extrêmes. En Savoie, le torrent de la Leysse à Chambéry est le théâtre de mises en scène macabres, étrangement esthétiques, avec la découverte de têtes de femmes maquillées avec soin et coiffées de couronnes d’edelweiss. Les indices convergent vers Val Fréjus, station réputée pour les sports de glisse. C’est alors que Marie, athlète médaillée aux Jeux Olympiques férue d’activités au risque absolu, s’évapore. Axelle, sa sœur journaliste locale, mène l’enquête et infiltre la petite communauté des fans d’adrénaline. En altitude, derrière la bonne humeur et les sourires, un psychopathe se cache. Dans ce huis clos à ciel ouvert, le paysage hostile s’accorde avec une atmosphère angoissante. Là-haut, tout le monde est suspect. Quel sera, pour Axelle, le prix à payer pour découvrir la vérité ? Un thriller machiavélique et glacial qui ravira les amateurs de sensations fortes.
« La traque du tueur en altitude, le relent de la bête tout près, celui du psychopathe qui joue au chat et à la souris... C’est le leitmotiv lancinant et parfois terrifiant de ce 4e opus d’Anouk Shutterberg qui nous entraine en haute-montagne entre sports de glisse de l’extrême et vie débridée le soir dans les bars et chalets enneigés, car la nuit tombe si vite... C’est là que l’incarnation du Mal sévit à ciel ouvert comme dans un film ou une pièce de théâtre avec son lot d’horreurs charriant des têtes décapitées de jeunes femmes fleuries d’edelweiss dans le torrent traversant le village.
Jouer un rôle toute sa vie tel est le challenge que s’est fixé un jour le jeune Bekers à 21 ans en tuant de manière « acceptable et accidentelle » ses propres parents qui le regardaient toujours de travers avec son pied bot. Mais ce petit diable avait déjà sévi à 11 ans en faisant volontairement un croche-pied à son frère, le faisant chuter dans un ravin. Le faisant revivre des années plus tard, comme dans un rôle de composition pour jouer dans cette deuxième vie avec des jeunes femmes séquestrées et violentées sadiquement jusqu’à l’impossible. Séquestrer et jouer ou le Diable fait acteur ! Avec deux rôles à jouer. Celui du Sauveur grimé, maquillé, transformé, venant rassurer et délivrer des sévices dans cette salle de tortures et celui du Malheur pour mieux sublimer la terreur soudaine et la douleur inhumaine de ses proies. In extrémis est un thriller fou, implacable et sur le fil du rasoir, où incarner deux personnages si différents dans la réalité aux yeux de tous est une prouesse quotidienne phénoménale, et ce plusieurs fois par jour, sans que personne ne s’en rende compte. Attrapé in-extremis, l’homme qui voulait faire du théâtre mais dont le père n’avait jamais accepté, nous rappelle un jeune politicien allemand qui lui se voulait peintre, et dont le refus familial l’a transformé en un esprit fou et satanique toujours en fureur. Il faut vraiment se méfier des contrariétés éternelles. »
« Encore une fois lorsqu’on commence un livre d’Anouk Shutterberg on est de suite happée dans un tourbillon de pages hypnotiques jusqu’à la fin du livre. L’ambiance, les personnages et l’histoire sont d’une précision millimétrique. Un pur plaisir que la lecture de ce quatrième roman. »
*** UN CRIME PARFAIT de Olivier WAGNER
Edition Ubaye et Navarre 180 pages. Prix : 12€. Sorti le 5 septembre 2024.
Le résumé. Fred Lelièvre en est sûr, réaliser un crime parfait ne doit pas être bien compliqué et il va le prouver. Mais on a beau avoir tout planifié, quand la concierge de votre immeuble tombe amoureuse de vous, rien ne se passe comme prévu. Un roman policier inattendu qui vous tient en haleine du début à la fin.
« C’est un livre qu’il faut absolument lire, car lorsque l’on le commence on essaie inévitablement d’entrer dans la peau du personnage qui cherche à venger la mort de son fils, mais par un crime parfait ! Mais il va falloir compter avec la concierge ! Et là, toutes les phases du crime s’enclenchent … et le jour venu, on termine le livre en se disant « Ben mince alors ! » Car la fin est totalement imprévisible mais le crime est parfait ! »
**** LES VEUVES de Pascal ENGMAN
Sorti le 5 mars 2025. 520 pages. Editions Nouveau monde. Prix : 22 €.
Le résumé Stockholm, mois de novembre, un policier est retrouvé mort dans un parc. L’homme, qui travaillait au sein d’un service de lutte contre les gangs, a été tué de deux balles dans le dos. Un peu plus loin, la police découvre aussi le corps d’une femme. Probablement un dommage collatéral. Les enquêteurs se concentrent sur le meurtre de leur collègue. Lorsque Vanessa Frank est appelée sur l’affaire et qu’elle découvre que la jeune Syrienne décédée était sa fille adoptive, les investigations prennent une nouvelle tournure. Vanessa est sous le choc. Natacha était-elle vraiment celle qu’elle prétendait être ? En tentant de faire la lumière sur ces deux meurtres, l’enquêtrice va se retrouver au cœur d’un réseau terroriste islamiste implanté en Suède. Avec l’aide officieuse de son ami, l’ex-soldat d’élite Nicolas Paredes, elle suit la piste d’une cellule dormante. Vanessa doit avancer avec prudence – sa mission est plus complexe et dangereuse que jamais. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?
* Les Veuves est le deuxième thriller traduit en France par Catherine Renaud de l’auteur star suédois Pascal Engman, après Féminicide, paru en 2023 chez Nouveau Monde.
« Voilà un vrai polar glaçant dans tous les sens du terme car l’histoire se passe en Suède où dès 13 heures il fait nuit, où il pleut énormément, où il neige aussi … Et au milieu de cette météo catastrophique aux antipodes de notre Provence, on suit une équipe de combattants de Daesch prêts à tuer des milliers de personnes au nom de l’Islam. Mais la Police suédoise et la SapÖ les traquent. On plonge tout de suite dans ce livre et on ne le quitte qu’à la dernière page. Epoustouflant ! »





